Il était une fois...


Il était une fois un lointain royaume hanté par le spectre doré du capitalisme. Un royaume où chaque jour de la semaine est jour de marché, même celui du seigneur. Un royaume dans lequel les bouteilles de Champagne vivaient en harmonie avec les boîtes de flageolets. Un royaume pour lequel toute une armada d'employés se démenaient corps et âmes pour les beaux yeux de leur bon roi, dusse-je chasser les dragons des produits périmés avec des cures dents. Parmi tout ce petit monde les crapauds faisaient de la mise en étalage tandis que les apprentis Cendrillons taxaient, ou délestaient, de quelques écus les voyageurs de passage. Pendant ce temps dans le verger les fruitières exhibaient leurs plus gros melons et les maraîchers leurs plus beaux concombres. Qui aurait cru qu'un événement inopiné ébranlerait cette féérique communauté?


L'illustration est de ~hillfreak


Mais voila un jour une étrange malédiction s'abattit sur le verger du royaume, un maléfice digne du plus vicieux des sorciers de la concurrence. Le prince des fruits et légumes se transforma dès lors en ogre. Les faits étaient là, il devint aussi malpoli qu'une fonctionnaire proche de la retraite, insultait sans retenu ses semblables et souffrait d'un gigantesque poil dans la main, poil qui à la vue de sa taille aurait pu lui servir de corde à sauter. Sa flemmardise latente le clouait du matin au soir à son tabouret. Il ne s'agissait pas de n'importe quel tabouret, celui-ci était placé devant la sacro-sainte balance. De là notre ogre fixait les prix de ses produits aux gré de ses humeurs et de la générosité du décolleté de ses clientes. Mais quand il s'ennuyait il lisait ses parchemins fripons avec des princesses dénudées à vous faire mûrir le poireau en un temps record. A la vue de ce triste spectacle les ménagères tombaient dans les pommes, l'ogre les prenant pour des poires.

Parfaitement conscient de la malédiction le roi bouillonnait du haut de sa haute tour, fière bâtisse qui surplombait le royaume. Il se leva de son trône et tourna en rond cherchant un remède, chose peu aisée tant le croassement des corbeaux qui tournoyaient au dehors lui brisait les cages à miel. Comment punir guérir notre ogre? Certains parmi la cour avaient déjà leurs petites idées. "Brûlons ce suppôt de Satan!!" criaient les uns, "Chassons le de nos terres!!!" hurlaient les autres, mais il s'agissait de jaloux qui attendaient patiemment dans l'ombre l'occasion de lui dérober sa place. Le roi ne pouvait se résigner à chasser ce si brillant élément. Jette-t'on à la poubelle un joyau qui perd de son éclat? Tout espoir était encore permis. Il demanda conseil aux plus puissants magiciens du royaume, ceux même qui eurent l'idée de vendre des produits par lots de trois au prix de deux. De vraies pointures du marketing... Ce cas unique les laissait perplexes, cependant ils eurent une idée. Ils se réunirent dans leur laboratoire et se préparèrent à lancer un puissant sortilège tout droit sorti de leurs grimoires. Pendant ce temps et pour s'assurer de la réussite de l'opération notre bon roi fit brûler un cierge à la cathédrale et s'en remit à Saint Pouvoir d'Achat. Des éclairs divins s'abattirent depuis les cieux sur le fameux tabouret le faisant disparaître dans un nuage de fumée, les magiciens venaient de faire la démonstration de la toute la puissance de leur art. Après ça qui  aurait osé leur chercher des noises? Notre ogre fou de rage de ne plus pouvoir se tourner les pouces fit ses valises et quitta définitivement le royaume. Espérons que l'enchantement qui altérait son comportement se soit dissipé depuis cette époque.

La morale de cette histoire (s'il y en a une) est de faire attention à ses fesses pour ne pas être victime à son tour d'un sortilège de la part des vilains sorciers de la concurrence. Bon, comme à chaque conte il faut une fin heureuse alors on va dire que les employés du rayon des fruits et légumes vécurent heureux et vendirent beaucoup de petits pruneaux.


Billet inspiré de Garulfo, chef d'œuvre que tout le monde se doit de lire.

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La solidarité masculine


Étonnant univers que celui des caissières, petit monde tout droit sorti des limbes obscurs de la consommation dans lequel baigne une atmosphère teintée d'égoïsme et au doux parfum d'hypocrisie. Qu'y a-t'il de plus gentil qu'une caissière? Un récent sondage les place en troisième position juste derrière Caliméro et l'ours Cajoline, oh mais si je vous assure!! Mais vous êtes loin de vous douter de l'atroce vérité - cachez les oreilles de vos enfants je vous prie - car derrière leurs sourires angéliques se cachent de véritables petits démons qui n'hésitent pas à écraser leurs semblables pour assurer leur propre petit confort. La ligne de caisse est le théâtre de toutes les incivilités car entre ces demoiselles les coups bas sont presque devenus une tradition. On remplace sa chaise cassée avec celle de sa voisine pendant qu'elle a le dos tourné, au moment de la fermeture on feint de ne pas voir que ses collègues ont encore une multitude de clients à encaisser et on continue à nettoyer sa caisse, on pratique la délation... Certains éminents spécialistes à lunettes concluront cachés derrière leurs bureaux que c'est l'essence même des environnements typiquement féminins, mais je préfère ne pas me prononcer de peur de brûler vif sur le bûcher des hérétiques sur ordre de mes amies caissières. J'en ai la chaire de poule rien qu'en imaginant tout ce que ces esprits tordus peuvent comploter.


L'illustration est de *durdentyler


Du côté de la mise en rayon l'ambiance est toute autre. N'avez vous jamais ressenti cette apaisante harmonie qui y règne lorsque vous vous promenez gaiement dans les rayons tout en poussant votre caddie? Une douceur qui rivaliserait avec la texture molletonneuse d'un papier toilette triple épaisseur parfumé à l'eucalyptus. Mais derrière tout cela il n'y a pas de secret, simplement une recette bien dosée: un zest de  franche camaraderie, une larme de fraternité virile, et une grosse louche de blagues graveleuses. Tous les ingrédients d'un monde masculin équilibré sont réunis, univers dans lesquels les grosses claques remplacent les mains aux fesses. Quelqu'un de l'équipe a besoin d'un tire-palette? Besoin d'un coup de main? Chacun lui vient naturellement en aide car nous ne laissons jamais un camarade en galère. Et puis une fois que les rayons sont pleins à craquer on se donne des tapes dans le dos en émettant des rires très gras. La fierté du travail accompli nous allions prendre une pause bien méritée devant la machine à café.

Le Manard fait partie de cette élite qu'est la mise en rayon. Un homme, un vrai, un employé qui n'a pas froid aux yeux. Sa gouaille inégalable en a fait un chef de meute, ralliant à sa cause tous les mâles du secteur. Sa seule présence faisait s'affoler les compteurs de taux de testostérone ambiant, mais attention malheur à ceux qui lui manquent de respect. C'est donc en toute logique qu'il s'occupe du rayon des vins, rayon qui peut paraître insignifiant mais très stratégique de par sa situation. Situé au fin du magasin il offre un point de vue idéal pour voir arriver les ennuis de très loin. Et ce samedi là c'est exactement ce qui arrivât, il vit quelque chose d'inquiétant pointer le bout de son nez en magasin et son observatoire venait très certainement lui sauver les miches.

Le Manard devint blanc comme un cachet d'aspirine et partit se cacher dans la réserve. Tapis dans l'ombre il observa le magasin à travers le rideau plastifié, des gouttes de sueur perlaient sur son front.


Nous
Que se passe-t'il Manard?

Manard
Elle est là!! Il ne faut surtout pas qu'elle me voie!!!

Nous
Elle? Qui ça Elle?


Ce qu'il faut savoir c'est qu'à la nuit tombée Manard devenait El Manardo, un véritable Don Juam du clavier. Ce doux poète aux rimes enchanteresses faisait chavirer le cœur de femmes par pleines brouettes. Mais voila notre Casanova eut le malheur de croiser la route virtuelle d'un démon venu tout droit du fin fond des enfers. Notre Belzébuth avait quitté son antre pour venir chercher sa proie, inversant par la même occasion les rôles le chasseur devenant chassé à son tour. Lucifer n'était pas venue seule, elle était escortée de quelques satyres. Il avait eu raison d'avoir les chocottes le Manard, le spectacle était à vous retourner l'estomac. Comment vous décrire leurs tenues, une explosion de couleurs qui ravirait les fins amateurs d'impressionnisme mais qui ferait également perdre la vue des néophytes. On se serait cru en plein Carnaval (oups, j'ai omis de signaler que ce passage pouvait être dangereux pour les épileptiques). Entre nous même une grosse flatulence bien grasse de lendemain de repas de réveillon aurait eu plus de classe. Mais comment diable notre Manard s'était il retrouvé dans cette galère???? Nom de Dieu (pardon)!!!

C'est dans des situations comme celle-ci que l'entraide fraternelle de l'équipe de la mise en rayon exprime son plein potentiel. Si à cet instant précis on s'était tous donné la main on n'aurait sûrement pas pu faire le tour de la Terre mais peut être aurions nous pu entourer le rayon des fruits et légumes, ce qui en soit est un début plus qu'encourageant. Pour certains ça leur rappelait le Viet-Nam, car il est vrai on n'abandonne jamais un homme sous le feu de l'ennemi. C'est alors que par un formidable bouche à oreille tout le monde se retrouve informé de la situation, le tout en l'espace de quelques minutes. Nous pouvons dès lors agir pour défendre notre Manard dans un élan de solidarité à faire pâlir les organisateurs du Téléthon.

Hadès parcourait les rayons en gesticulant frénétiquement des tentacules et n'hésita pas à se renseigner auprès des employés effrayés par un tel spectacle. Elle s'exprimait avec ce qui ressemblait à tout sauf à une bouche, mais qui pour anecdote faisait des bulles:


La Bacchante
Manard est dans le coin?

Employé de la mise en rayon
Nous ne connaissons pas de Manard.

La Bacchante
Mais si, il travaille au rayon des vins.

Employé de la mise en rayon
Il n'y a pas de rayon vins ici.


La méthode avait un nom qui fleurait bon la lavande mais qui avait depuis longtemps fait ses preuves: l'omerta. Notre bien aimé collègue n'avait jamais existé, et son rayon non plus d'ailleurs. Alors notre Lucifer retourna dans les abysses en émettant quelques borborygmes écœurants. La solidarité masculine de la mise en rayon venait de montrer de quoi elle était capable, une fois de plus. Dès lors ensemble nous ne craignions plus rien, pas même les créatures des enfers.




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La caissière qui rêvait de s'évader



Ha le fantasme de l'hôtesse de caisse, cette lubie tordue comme la queue d'un cochon qui ferait se rallonger les tickets de caisse des plus radins et se raidir les bourses les plus molles même en temps de crise. Demandez  donc à n'importe quelle ménagère venue, le caddie rempli de produits bon marché, ce qu'elle en pense. Non mais c'est vrai quoi, quel beau métier que celui de "caissière". Qui n'a jamais rêvé de rester assis à longueur de journée. Mais entre nous, quitte à rester travailler assis autant être fonctionnaire ou dame pipi.



L'illustration est de ~poop-art


Une caissière à sa caisse c'est un peu comme comme un hamster enfermé dans sa cage qui n'aurait d'autre occupation que de courir dans sa petite roue, qui par un ingénieux mécanisme actionnerait son tapis roulant (si vous ne saviez pas encore comment il marche, maintenant vous le savez). Une cage, que dis-je, une prison! Notre petite bagnarde est condamnée à purger sa peine recluse dans son 1/2 m². Les clients défilent au parloir, pas toujours sympas avec nos éprise de justice. Pendant ce temps là le tapis roulant vomit son torrent d'articles qui eux au moins se font la malle et finissent par tomber dans le caddie, bientôt ils reverront la lumière du jour et s'enfuiront au loin vers l'horizon.

Mais parfois il y a des caissières qui ont des permissions, de petites libertés conditionnelles pour aller se vider la vessie. Une caissière qui a le droit de quitter sa cellule peut enfin retrouver pour quelques instants l'usage de ses jambes. Comme elle n'est plus habituée à se tenir debout on a l'impression de voir une handicapée qui se relève miraculeusement de son fauteuil roulant. On pourrait presque imaginer voir au loin au détour d'un rayon un pasteur s'écrier "Regardez, elle remarche grâce à la volonté de Dieu" le tout sous les chants d'une chorale de Gospel qui tape dans leurs mains et les applaudissements de clients qui n'en croient pas leurs yeux. Comment ne pas s'émouvoir devant un tel spectacle? Elle vacille, titube, mais en arrive néanmoins à se maintenir debout en se tenant à sa caisse. Un vrai miracle!!

Parmi ces caissières l'une d'entre elles bénéficiait d'un traitement de faveur, une sorte de récompense pour bonne conduite. Cette élue c'était Céline. Elle était certes étudiante mais faisait partie de l'élite de l'enseigne de par son professionnalisme exemplaire et son expérience du terrain. Elle avait un sang froid hors du commun qui lui avait permis de se tirer de missions "clientèles" réputées impossibles. Sans vouloir me vanter (bien entendu) j'ai presque envie de dire qu'elle était vraiment une petite veinarde parce qu'elle avait l'immense honneur de travailler avec moi. D'habitude quand une caissière vient nous donner un coup de main on la fait monter sur un tabouret pour ranger les étagères du haut, surtout si elle est en jupe. Mais avec Céline je n'avais jamais osé lui faire le coup vu qu'elle venait m'aider tous les weekends (et qu'elle venait très souvent en pantalon, mais chut).

Je lui apprenais les ficelles du métier comme faire du facing, changer un prix, et même ranger une réserve (un comble pour une femme me direz vous). En retour elle m'enseignait des choses que tout un chacun se doit de savoir, très utiles je vous assure, comme utiliser la machine qui coupe le pain en tranches à la boulangerie, ainsi que tous les numéros de téléphone des caissières (le téléphone des caisses bien entendu). Je vais sûrement paraître macho en vous faisant cette révélation mais je peux me vanter de lui avoir appris à "piloter" un tire-palette. On formait un duo du tonnerre!!

Je me rappelle de la tête d'Isabelle, une autre caissière, qui en ramenant des articles en réserve a eu la surprise de croiser Céline en ma compagnie.


Isabelle
Halala, Céline tu en as de la chance!!!

Moi
C'est vrai, travailler avec un beau gars comme moi...

Isabelle
Non pas ça, je parlais de travailler loin des clients.

Moi
...


Il fallait que je me rende à l'évidence, Isabelle était jalouse non pas de ne pas pouvoir travailler avec un joli garçon au corps sculpté en soulevant des milliers de gros sacs de croquettes pour chiens, mais tout simplement de faire autre chose que de côtoyer les grincheux clients. La déception fut grande!

Aussi loin que remontent mes souvenirs il me semble que Céline fut la seule caissière à profiter de ce genre de privilège toutes les semaines. Il faut dire aussi qu'elle faisait des pieds et des mains pour fuir sa caisse quand les clients désertaient le magasin, elle pouvait alors se défouler une heure deux. Entre nous j'étais content aussi d'avoir quelqu'un avec qui rigoler pendant la mise en rayon.


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Malheur aux animatrices


Dès mes premiers pas dans mon magasin, j'avais été confronté au charmes envoûtants des animatrices. Ne nous voilons pas bêtement la face et admettons main dans la main qu'il y a des tâches plus difficiles dans le monde du travail que de côtoyer ces nymphes avenantes vantant les mérites d'un produit ridicule aux consommateurs lambda (je reprends mon souffle deux secondes, j'ai égaré quelques virgules au passage). Mais voila, l'été ce sont de magnifiques jeunes filles qui se font quelques sous pendant les grandes vacances, et franchement on ne va quand même pas s'en plaindre. Mais le drame c'est que dès septembre elles laissent place aux vieilles routières de la profession. Ce n'est pas toujours beau à voir... :x

[NDLR: est-il nécessaire de préciser que ce billet est totalement second degré? Comme d'habitude en fait.]

L'illustration est de ~daw294


En général les animatrices ne sont pas vraiment issues des toutes dernières fournées de diplômés, elles ont plutôt tendance à avoir dépassé la date limite de consommation. Les kilomètres de paquets de biscuits qu'elles ont vendu dans leur carrière, je n'aimerai pas avoir à les faire à pied si vous voyez ce que je veux dire. Avec toute la classe qui les caractérise, elles sont très souvent grossièrement maquillées comme de la marchandise contrefaite vendu sous les manteaux au coin de la rue, avec des explosions de couleurs comme une peinture de Tukta le célèbre éléphant peintre. :p

Pendant les fêtes de fin d'année je me voyais souvent confier l'allée promotionnelle pour m'occuper des chocolats de Noël. Être entouré de papillotes, ça me changeait du rayon des pâtes ou de la pâtée pour chiens et chats. Mais cette place enviée comporte aussi ses inconvénients, bien pires que de supporter les pics d'affluence qui font que vous travaillez entourés de dizaines de clients hystériques. Cet inconvénient c'est la présence de l'animatrice. Si les gens ont la possibilité de fuir au volant de leurs caddies, vous êtes coincés dans votre allée avec cette diablesse qui vous lance des clin d'œil et vous lâche des "youhou". Vous n'avez pas de crucifix sous la main, mais un telxon devrait faire l'affaire pour ne pas succomber aux slogans de cette harpie tentatrice. Sacré Belzébuth, je ne savais pas que ce petit voyou était devenu capitaliste. Que le Saint Pouvoir d'Achat nous préserve de la diabolique tentation. :(

Le problème des animatrices est que mise à part gueuler pour vendre la marchandises, tout en assénant des slogans aussi ringards que "qu'elles sont rigolotes, mes petites papillotes", elles s'ennuient quand il y a moins de monde. Et quand une animatrice s'ennuie, elle essaie d'entrer en communication avec vous. Passé les formalités d'usage elle vous déballe toute sa vie sans complexe, cela va de la digestion difficile de son chat en passant par sa passion pour les boîtes d'allumettes jusqu'à ses projets de vacances à Marrakech. :'(

Mais quand la conversation se recentre sur des aspects plus professionnels, cela ressemble plutôt à ça: :o



L'animatrice sort son stylo et remplit son rapport

Animatrice
A votre avis, combien de paquets de papillotes ont été vendues depuis ce matin?

Moi
Je ne sais pas, dites toujours.

Animatrice
 Justement je n'en sais rien non plus. C'est pour ça que je vous demande.

J'en reste sans voix. :S


Moi
...

Animatrice
On me demande de compter le nombre de paquets vendus en ma présence. Mais comme j'ai la flemme j'oublie tout le temps de le faire. Vous en avez mis combien en rayon depuis ce matin?


Moi
A vue de nez une bonne palette.

Animatrice
 Ça en fait combien? Bon, je vais marquer 1000 paquets. Ca va faire bonne impression ça, 1000 paquets.


Si tout le monde pouvait faire preuve d'autant de professionnalisme... :)

Parfois, passé les 11h du matin elle vous demande où vous allez manger à midi. hé, ho! Déjà qu'on l'a supporté sans broncher toute la matinée, elle ne s'imagine quand même pas qu'on va lui dévoiler son plan restau. Avoir la paix pendant la coupure de midi a un prix. ;)

Vous devez vous dire que je suis médisant, mais bon.Et encore je vous ai épargné des tas d'anecdotes comme celle de l'animatrice en eaux minérales avec un décolleté à deux doigts de craquer sous le poids de la marchandise et un jupe ras la boutique à lardons qui s'est faite harceler toute un après-midi par un pervers, ou bien le poivrot qui a passé la journée à faire ses courses pour déguster tous les 1/4h son fond de verre au stand de l'animatrice en liqueurs. :D


Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne année, bonne santé, meilleurs vœux, et tout ce qui va avec. (ce billet devait être publié il y a un mois mais ça marche encore, on n'est ps encore le 31!). :p

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Le geste de Noël

Si vous avez une assez bonne mémoire pour vous rappeler de votre premier tricycle, peut-être vous rappellerez-vous qu'il y a seulement trois ans Noël et le jour de l'An tombaient un dimanche. Justement, au risque de soulever des questions de existentielles, à quoi ça sert d'avoir créé les jours fériés si c'est pour qu'ils coïncident avec des jours non-ouvrables? Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais c'est vraiment gâcher. Comme disaient les Fatals Picards "c'est encore de la faute des bourgeois". Pourtant pour le lundi de Pentecôte et pour le lundi de Pâques on s'arrange toujours pour que cela tombe un lundi. Encore un événement fâcheux qui nous rappelle que la vie est par moment injuste. Rangeons là nos kleenex car la fin d'année est surtout synonyme de période de fêtes. Pour l'occasion je vous ai ressorti une petite histoire sympathique qui m'était arrivé ce même samedi 24 décembre.

L'illustration est de ~scoundreldaze

Manque de chance pour moi cette année là, mon seul jour de travail hebdomadaire correspondait au réveillon de Noël. Alors comme le magasin fermait ses portes plus tôt, mes horaires avaient été aménagés spécialement pour l'occasion: 7h-19h. Mais faire de telles horaires un jour pareil, c'est prendre le risque de s'écrouler nonchalamment dans les bras de Morphée entre la dinde aux marrons et la bûche de Noël pendant la soirée. Le marchand de sable reste très maladroit, des fois qu'il vous rate et vous vous retrouvez aveuglé avec du sable dans les yeux ou entre les dents. Je me plains je me plains, mais les caissières les plus malchanceuses ne partiraient pas avant 19h30. Mais que ne ferions-nous pas pour servir les clients qui s'y prennent à la dernière minute. Il vous manque des piles pour le jouet du gamin? Vous avez oublié les citrons pour accompagner les fruits de mer? Pas de problème le magasin reste ouvert le plus tard possible pour vos beaux yeux.

Ce même samedi, la charmante Jo du textile eut le privilège de pouvoir quitter les lieux à 17h45, et ne se privait pas pour me narguer à longueur de journée. C'en était même devenu un jeu, à chaque fois que l'on se croisait en magasin c'était l'occasion de me rappeler qu'elle partirait bien avant moi. Et puis curieusement en fin d'après-midi, il n'y eut presque plus de clients dans les rayons. C'est peut être ça la grande différence entre un réveillon en semaine et un réveillon le weekend. En semaine les gens font leurs dernières courses après le travail, alors que le weekend ils prennent le temps de venir dans la journée.

Sur les coups de 17h30, alors que je réarrangeais l'allée promotionnelle de chocolats de Noël, le directeur du magasin est venu me voir:


Directeur
Alors? Comment cela se présente?

Moi
Très bien! J'ai remplis ce que j'avais à remplir. Mais comme vous voyez c'est très calme dans le magasin, il n'y a plus personne.

Directeur
Bon, je te libère en avance aujourd'hui vu qu'il n'y a plus rien à faire. Ta famille doit sûrement t'attendre!

Moi
Merci!!!


J'avais été touché par ce petit geste qui symbolise bien l'esprit des fêtes de fin d'année. Et puis cela ne vous étonnera pas si je vous dis que mon premier réflexe avait été d'aller me venger de Jo et de lui crier que finalement c'est moi qui partirait avant elle.


Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter de passer un joyeux Noël en famille.


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