Chroniques de supermarché 

Facebook Twitter Gplus E-mail RSS

Travailler dans le noir

Un bon employé se doit de s’adapter aux conditions de travail les plus incongrues. De manière plus classique, cela peut aller de la corvée de benne à cartons à l’arrière du magasin sous la pluie, ou une caissière seule qui attend désespérément de pouvoir encaisser un client alors que le magasin est vide. Mais bon, the show must go on comme disait Yvette Horner avant que Queen ne lui pique l’expression et ne connaisse la gloire. :p

L’illustration est de ~Takodah

J’espère que vous avez bien lu le titre, c’est effectivement « travailler dans le noir » et non « travailler au noir », qui entre nous sont des concepts totalement différents. Quand je parle de travailler dans le noir, je veux parler de panne de courant. Mais attention, il y a « panne » et « panne ». Il y a la petite panne qui dure quelques minutes mais qui ne dérange pas plus que ça. Cela était arrivé comme un cheveux sur la soupe, c’était un matin aux alentours de 7h: plus de lumière en rayon, les frigos ne fonctionnent plus. L’atmosphère était assez étrange, car être dans les rayons dans une quasi-obscurité contraste avec la vision qu’on a du magasin éclairé en pleine journée. Mais bon le soleil n’allant pas tarder à faire son apparition, on y voyait encore un petit peu et tout le monde essayait de travailler comme si de rien n’était. Et bien oui, à quelques dizaines de minutes de l’ouverture, on n’a pas le temps de chômer. 🙁

Mais il y a aussi l’autre « panne », la vraie « panne », celle qui est plus vicieuse, plus gênante… Cette panne, ou plutôt « LA PANNE » eut lieu un samedi matin (encore?? comme par hasard!!) et fut très localisée: uniquement la réserve épicerie. Bien sûr, il a fallu que ça tombe sur nos gueules. La particularité d’une réserve est qu’elle n’a pas de fenêtre, alors quand il n’y a pas de lumière il fait aussi noir qu’au fin fond de la Scandinavie par une chaude journée d’hiver. Enfin bref, elle ne fait pas semblant de faire noir (pas très françoise cette phrasette). Seul un électricien aurait pu nous sortir de ce « Viet-Nam de la grande distribution » mais pas avant lundi matin, à croire qu’il y a des électriciens-fonctionnaires. 😮

Les plus malins avaient déduit que si la réserve est plongée dans le noir, on ne pouvait pas travailler. Et bien non, sinon ça n’aurait pas été drôle. Les rayons de l’épicerie doivent quand même tourner, et pour cela il faut aller récupérer dans la réserve ce qui va garnir les rayons. Chacun s’est alors muni d’une petite lampe de poche avec des portées/puissances/niveaux de batterie différentes. A mon avis on aurait dû embaucher des aveugles, ils auraient sûrement été plus efficaces que nous. Et accessoirement on aurait pu ravir la Cotorep, mais ça c’est un autre débat dans lequel je n’oserai pas me lancer. :S

Je ne sais pas comment vous décrire au mieux la galère que c’est que de préparer des palettes dans une réserve plongée dans l’obscurité. On commence par tenir sa lampe de poche dans une main, et on porte les cartons avec le bras disponible. Et puis on opte pour la solution qui consiste à poser la lampe sur une étagère et s’arranger pour éclairer le plus d’espace possible. N’ayant pas eu de chance ce jour là, j’ai dû passer quelques longues heures en solitaire au premier étage de la réserve. Je peux vous témoigner que c’est une drôle d’impression que de s’enfoncer seul au fin fond d’un labyrinthe obscur. Cela réveille en vous les peurs les plus primaires. Louis devient plus sollicité, euh non, l’ouïe devient plus sollicitée! Le moindre bruit, le moindre craquement du plancher fait augmenter votre rythme cardiaque. Bon j’exagère un poil, je n’étais seul que la moitié du temps du fait de mes horaires décalés. De temps en temps j’apercevais au loin les faisceaux des lampes des collègues qui faisaient leur commandes. En tout cas, c’était une sacrée expérience 🙂

Pour conclure cette anecdote, je rajouterai que durant toute cette maudite journée je suis resté attentif à ne pas se faire piéger par un petit rigolo qui aurait été tenté de me faire une blague idiote dans le noir. Et voila que sur les coups de 18h, alors que ma vigilance est retombée, j’entends un collègue me hurler « BOUH » dans oreilles. Ça doit être la seule fois de ma vie que j’ai hurlé comme une gamine de 5 ans. L’enfoiré!!!! 😡

Be Sociable, Share!

6 réponses

  1. Comme convenu tadlheure : groargyal.free.fr/
    A+
    Pierre

    (PS : non seulement Dieu n’existe pas, mais essayez seulement de trouver un électricien le week-end…)

  2. Ah oui tiens, on y pense pas du tout aux pannes de courant dans les grandes surfaces !! la bonne galère….!!!

  3. Une chose est sure je ne me vois vraiment pas au millieu de ces pallettes entrain de galerer !
    Par contre, dommage ca m’aurrait plu de te voir sursauter et hurler comme une gamine mdr 😉

    Biz"

  4. Message personnel à Nicolas : j’ai du me tromper de copier coller plus haut ; le bon lien est blogsbd.fr/ . Sorry pour la méprise, et à bientôt, Pierre.

  5. Coucou Nico,

    Qu’est ce que j’ai pu rigoler surtout quand tu dis "j’ai hurlé comme une gamine de 5 ans" on dira ce qu’on veut mais il reste quand meme de bons souvenirs.
    Enfin moi je n’aurai pas aimé être à ta place surtout avec l’esprit taquin de certains ou certaines l’appréhension devait venir surtout de la.
    Et pourkoi vous n’avez pas opté pour une frontale plutôt qu’une lampe de poche?
    Enfin merci Nico pour ces moments de rigolade.

  6. @Pierre: merci *\o/*

    @Caly: tu ne t’imagines avec un petit entrepôt plein de palettes remplies de produits pour tes préparation? ^_^

    @Coco: en y repensant, je me rappelle que certains avaient des lampes frontales. On prenait aussi ce qu’on avait sous la main.

Laisser un commentaire

 
Home En coulisses Travailler dans le noir