Chroniques de supermarché 

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Foire aux vins (partie 2/2): le monde du tire-bouchon

C’est bien beau d’avoir trié toutes les palettes de vins dans la réserve, mais elles ne vont pas se placer toutes seules en magasin (quoique, entre nous, ça serait vraiment formidable). Comme vous l’aurez compris, la deuxième étape consiste à se bouger les fesses pour aménager un superbe espace pour la foire aux vins dans le magasin, et tant qu’à faire essayer de rendre jaloux les enseignes concurrentes. Rome ne s’est pas construite en un jour, la foire au vin non plus. Alors voila une fabuleuse aventure, digne des plus héroïques épopées de la conquête de l’ouest… 😀

L’illustration est de ~UTKAN

Je ne sais pas si votre sixième sens de client pointilleux est assez affuté pour avoir remarqué qu’il y a bien souvent une zone, non loin de l’allée centrale promotionnelle, que l’on appelle « rayons saisonniers ». Cette aire très particulière est destinée à accueillir toute sortes de produits en phase avec une période précise de l’année. Actuellement, cet espace est tout spécialement dédié à la rentrée des classes. Mais croyez moi, cela ne va durer, les chiards ont eu leur heure de gloire et il est temps de laisser la place à des produits d’hommes. 😉

C’est dans ce contexte particulier que ces messieurs du bazar sont priés d’évacuer les lieux séance tenante. Les doubles pages à petits carreaux et les stylos à plumes ne sont plus les bienvenus dans le quartier. Le shérif du comté a changé de tête, et les lois aussi. L’épicerie vient de gagner une cinquantaine de m2 et va pouvoir de nouveau asseoir sa suprématie en terme de chiffre d’affaires. Les deux rayons parallèles qui constituent cette espace « saisonnier » sont entièrement vidés, permettant par la même occasion de démonter une grande partie de la structure commune à ces deux mêmes rayons pour laisser apparaître une vaste surface vide (chose rare dans un magasin). Après cette pénible opération, les deux allées sont alors désertes. Pour peu qu’on voie rouler des buissons secs balayés par le vent, il n’y a qu’un pas. :p

L’endroit par son vide fait tâche, surtout parmi les allées voisines qui sont pleines à craquer. Pour ne pas choquer la ménagère de moins de 50 ans, une immense toile de tissus est étendue du côté de l’allée promotionnelle, condamnant l’accès aux clients les plus fougueux. Des murs de palettes sont érigés aux côtés opposés pour boucher la deuxième issue. Notre « rayon saisonnier » est devenu une sorte de « no caddy’s land », si vous me permettez l’expression. Mais rassurez vous, ce territoire de nouveau vierge connaitra bientôt le déchaînement des amateurs de vin. 😡

La colonisation est alors lancée par le nouvel occupant, et c’est tout un convoi de palettes de vins qui migrent vers notre rayon. Sur place mon chef dada me pose la main sur l’épaule et m’expose sa vision des choses: « regarde petit, à gauche nous aurons du vin rouge à perte de vue à gauche. Et à droite du vin blanc… ». Merveilleux programme que voila, et c’est partit pour quelques jours d’implantation. Les palettes défilent et les étagères se remplissent. Des Bordeaux, des Pinots, des Côtes du Rhône, et même des vins étrangers (Californie, Amérique du Sud, …). De temps en temps le directeur vient s’assurer en personne que l’opération se déroule dans les temps. Et puis ayant une formation d’œnologue, on avait l’impression qu’il retombait en enfance quand il regardait tout ses vins tellement ses yeux pétillaient. 😉

Après quelques jours, il ne reste plus qu’à finaliser l’implantation en mettant un peu de décoration (demi-tonneaux, draps de couleurs violette,…). Il faut également installer/ouvrir les caisses en bois contenant les crus classés, le tout en faisant attention de ne rien casser (de 50€ à 300€ la bouteille, les caisses peuvent en stocker une douzaine). Cela ferait mal au cœur de gâcher du si bon vin. :S

Ce rayon possédait une atmosphère magique du fait de son isolement: cachés par la toile de tissus et par les murs de palettes, nous avions l’impression d’être dans une bulle en plein cœur du magasin. Nous pouvions espionner les clients en soulevant la toile, et même donner des tapes sur les mains des clients qui essayent d’attraper une bouteille en douce après s’être glissé à côté du mur de palettes. Mais ce qui m’a le plus marqué, ce sont les bons moments passé avec mes chefs Dada et Juju, et la Vivie., l’implantation se faisait dans la bonne humeur. Je garderai ce cette période d’excellents souvenirs. 🙂

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8 réponses

  1. dis toi que cette année on a un vin à plus de 3000€ la bouteille

  2. Alors tu me la mettras de côté. ^_^

  3. Excellent article com d’hab !

    Bizouilles

  4. C’est un post qui donne soif !
    Un petit Condrieu Blanc à 20€ suffit à me combler !
    Tchin !

  5. J’adore te lire !!!!! biz

  6. j’adore que tu parles de vins…

  7. Tu es tombé dans les réserves ????? bises Nico

  8. Disons qu’un triste événement survenu il y a deux semaines m’a empêché de publier de nouveaux billets. Pas le moral. -_- » »

    Je vais essayer de reprendre jeudi, promis. ^_^

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