Chroniques de supermarché 

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Quinze secondes dans l’enfer du bureau d’accueil

Je me rappelle d’une maladresse que j’avais commis il y a fort longtemps. Vous savez ce genre d’erreur de débutant où l’on passe pour un imbécile, un peu comme quand on fait un clafoutis sans enlever le noyau des cerises, ou quand on oublie de vérifier que rien ne dépasse avant de remonter la fermeture éclair de son pantalon. Ça surprend la première fois, et après on se jure que l’on nous ne nous y reprendra plus. Et bien là c’est exactement pareil. :p

L’illustration est de =Anime-and-Chaos

Ce weekend là j’avais été appelé au bureau d’accueil pour renseigner un client mécontent. Mais le problème des samedis après-midi, c’est que le bureau d’accueil est aussi chaud qu’une baraque à frites, mais la grande différence est que les hôtesses d’accueil ne sentent pas le graillon. Mais quand j’y repense, il n’y a pas de frite non plus… Peu importe, disons que l’ambiance est souvent électrique. Pour vous donner une idée de la chose, on peut représenter le bureau d’accueil comme une cage qui contiendrait une caissière sous la forme d’un petit oiseau, et autour s’attrouperaient des clients représentés par une bande de chats plus ou moins agressifs. Parfois y a des coups de pattes qui se glissent entre les barreaux. Ami lecteur, je pense que tu auras été assez intelligent pour comprendre la métaphore de l’image ci-dessus ainsi que tout son potentiel comique (même si entre nous ça reste moins drôle qu’un coussin péteur). 😀

Maintenant que le décor est posé, nous pouvons entrer dans le vif du sujet. Alors voila, pour pouvoir discuter avec le client avec un poil de professionnalisme et instaurer un véritable rapport client/employé, je rentrais à l’intérieur du cercle formé par le bureau d’accueil. J’avais alors à ma disposition tout ce qui pouvait contribuer à résoudre le problème du dit-client: un téléphone (pas rose, je vous rassure) pour papoter avec un chef de rayon, un catalogue pour vérifier ensemble les promotions ou chasser les mouches (au choix). En quelques secondes le problème est réglé, la routine en quelque sorte. 😉

Mais l’erreur que j’ai commise est justement d’avoir pénétré dans l’enceinte du bureau d’accueil. Deux mètres me séparent de la sortie, mais à votre avis combien de temps me sera nécessaire pour les parcourir? Déjà les regards des clients se braquent sur moi. A leurs yeux je deviens un employé potentiellement interrogeable/embêtable/enguelable (je vous laisse prendre un stylo et rayer les mentions inutiles). Je serre très fort les fesses et me rapproche de la sortie à grandes enjambées comme si ne rien n’était… :S

Un premier client m’interpelle 🙁

Client n°1
Excusez-moi! Je pourrais avoir du papier cadeau?

L’hôtesse d’accueil en profite 😮

Caissière
Je suis un peu débordée, tu peux t’en occuper?

Moi
Pas de problème, je m’en occupe.

Les regards se braquent sur moi, l’occasion est trop belle :'(

Client n°2
Moi aussi!!

Client n°3
Hé!! Mais moi aussi j’en veux!! Et puis je vous signale que j’étais là avant!!!

La tension est montée d’un cran 😡

Et voila comment on se retrouve coincé dans le bureau d’accueil, toute tentative de fuite est inutile. Maintenant que les clients vous ont sous la main, ils ne vous lâcheront pas de sitôt. :'(

Un client au bureau d’accueil est rarement patient. Il considère qu’il doit être servi dans les plus brefs délais. Mettez-vous à la place de ces pauvres hôtesses d’accueil qui du matin au soir se démènent pour les servir, les calmer parfois quand ils haussent le ton. Elles en ont de la patience, et rien que pour ça je les admire. A mes débuts je commettais l’imprudence d’entrer dans leur Q.G. (par naïveté?), mais je ne m’imaginais même pas que c’est un piège dont il est difficile de se sortir, surtout quand il y a du monde. Alors pour éviter ce genre de désagrément je restais à côté du bureau pour bien me différencier des hôtesses d’accueil. Mais en y réfléchissant cela ne me dérangeait pas plus que ça de leur donner un petit coup de main, j’aimais bien le contact clientèle. 🙂

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6 réponses

  1. Eh, dans le vrai clafoutis, on laisse les noyaux de cerise…
    Pour info, c’est toujours l’enfer à l’accueil, d’autant qu’elles sont en sous-eff…

  2. grave c’est vachement meilleur avec les noyaux ! (je vois qu’on à tous retenu le même point de ton billet XD)

  3. @Superginie et Kyo: et vous laissez les pépins dans vos tartes aux pommes? ^_^

    Je me suis renseigné, et effectivement la recette traditionnelle interdit le dénoyautage car je cite « ça donne plus de goût ». Mais on voit que ce n’est la personne qui cuisine le clafoutis qui se casse les dents à le manger.

  4. Ah nan moi pas de noyau de cerises quand même !
    Et pis qu’est-ce que je me reconnais dans tout ce que tu décris ! hé oui, je suis hôtesse d’accueil et c’est parfois l’enfer (surtout quand on reçoit environ 200 personnes par jour, et que les appels téléphoniques sont multipliés par 10….) ARG !

  5. @Clélia: mais tu es hôtesse d’accueil? o_O »’
    J’en apprends tous les jours. Comment tu fais pour tenir le coup? ^_^

  6. Bah je sais pas comment je fais…!!! Beaucoup de dérision, ça aide pas mal je crois !! (et pis bon, j’espère que ça ne sera pas pour toute la vie non plus, j’ai plus d’ambition avec Bac+4 !)

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