Chroniques de supermarché 

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Du chaos absolu à l’illusion de la perfection

J’ai toujours été fasciné par le spectacle qui prenait forme sous mes yeux chaque samedis matins, bien à l’écart des regards indiscrets de la clientèle. Je commençais à peine une demi heure avant l’ouverture du magasin, mais cette demi heure est de très loin la plus impressionnante de la journée, croyez moi. Je vais tenter de vous décrire la fantastique métamorphose qui s’opère au cœur même des rayons. Tout le monde participe à sa manière à cette impressionnante transformation, chacun connaissant son rôle sur le bout des doigts. Mais attention, avec les années l’exercice s’est rodé comme une horlogerie helvétique. 😉

L’illustration est de ~Taijutsu-Kunoichi

8h: le magasin a de véritables airs d’apocalypse. Des cartons éventrés jonchent le sol, des emballages en plastique traînent également un peu partout, il y a des palettes dans quasiment tous les rayons du magasin. Les employés savent qu’il ne leur reste que trente minutes pour rendre leur domaine impeccable, c’est l’honneur de chacun d’entre eux qui est en jeu. Au milieu de ce chaos ambiant les employés du ménage tentent tant bien que mal de se frayer un chemin, eux aussi doivent avoir terminé pour l’ouverture. Le compte à rebours est lancé…

8h05: les bouchers descendent de la salle de pause dans une ambiance joviale. Qu’ils sont mignons avec leurs petits uniformes, toujours parfaitement repassés. On leur donnerait le bon Dieu sans confession à ces petits bougres, même si on sait qu’ils vont passer la journée avec un hachoir entre les miens à se défouler sur des pièces de viande. Mais pendant ce temps la tension est encore montée d’un cran pour ceux qui font de la mise en rayon.

8h10: l’hôtesse de service pour l’ouverture du magasin vient prendre possession du bureau d’accueil. Elle s’assure que tout est en place, que les paniers sont bien rangés, et appellera au micro un représentant de chaque rayon pour récupérer les différents articles ramenés par les clients la veille. S’ensuit alors un rituel immuable qui peut s’entendre dans tout le magasin, elle va passer à chaque caisse et va faire sonner les portiques antivol pour vérifier qu’ils fonctionnent.

8h15: les employés ont déjà regroupé sur leurs palettes les cartons usagés et les emballages plastique, plus rien ne traîne sur le sol. Le ballet des allers-retours vers les réserves peut commencer. Les rayons se vident progressivement, pour finalement devenir aussi déserts que les rues du centre ville à 3h du matin.

8h20: ceux qui n’ont pas pu achever leur mise en rayon font un peu de facing. Au-delà de l’aspect esthétique, cette opération permet de continuer à faire vendre les articles qu’ils n’ont pas eu le temps de réapprovisionner.

8h25: le bataillon des caissières arrive à l’accueil. Chacune découvre son affectation. Qui passera sa journée à la caisse prioritaire? Qui sera de corvée à la caisse -10 articles? L’euphorie passée, elles se placent et préparent leur caisses respectives. En arrière plan le décor est impeccable, les rayonnages sont pleins, tout est propre et parfaitement rangé. L’ouverture du magasin se fait attendre.

8h30: les portes du magasin délivrent enfin des flots de caddies déchaînés, en parallèle l’annonce d’accueil est diffusée sur les hauts parleurs du magasin. La journée peut enfin commencer.

C’est ça qui m’a toujours fasciné, le fait qu’en l’espace de quelques minutes, le magasin qui à mon arrivé était en pleine effervescence s’est préparé à laisser place à la clientèle. Quel client aurait pu se douter à l’ouverture qu’il n’y a encore pas si longtemps il fallait pousser des montagnes de cartons et de palettes pour se frayer un chemin. Tout simplement magique… 😀

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Etre étudiant-salarié, ou bien l’inverse

J’avais dans l’idée de publier de temps en temps un billet plus en rapport avec la dure réalité de mon expérience. Car au delà des bons moments passés dans mon magasin se cachait une réalité bien moins rose qu’elle n’y paraissait. Je ne renie pas cet aspect là, bien au contraire. 😉

L’illustration est de ~medve

Lors de mon premier été dans ma grande surface, j’ai été confronté à un sérieux dilemme concernant ma future rentrée scolaire: soit je restais dans ma petite ville et je faisais une licence sans prétention, soit je partais dans une ville voisine pour entrer dans une école d’ingénieur. Vous imaginez bien que j’ai choisi la seconde option, mon avenir professionnel était en jeu. Mais en quittant mon foyer familial, j’ai également été contraint de prendre mon indépendance financière. Quand je dis « indépendance financière », je parle de prendre un appartement, s’assumer complètement sans aucun aide de la part de la famille. Et c’est là que les ennuis commencent. :S

Je peux vous dire que j’en aurais fait des petits boulots pénibles depuis que j’ai fêté mes 16 ans: j’ai été laveur d’auto, déménageur, ouvrier à l’usine, éboueur, plongeur… A chaque fois c’était le même enfer, ça parlait nichons et tuning pendant les pauses déjeuners. A la longue cela devenait absolument insupportable. En général les discussions avec mes collègues ne volaient pas plus haut que le contenu d’un programme de la télé réalité. Mais quand j’ai commencé à évoluer dans ma grande surface, j’ai découvert un milieu de travail bien plus agréable, plus ouvert. Un job étudiant qui me conviendrait à merveille, en quelque sorte. Vous pensez si ça a été une belle opportunité pour moi, je ne pouvais pas laisser passer cette chance. Heureusement, le directeur du magasin a accepté de me garder en CDI, je pouvais revenir travailler tous les samedis (entre mes semaines de cours). Youhou!! 😀

Mais voila, être indépendant financièrement est une véritable galère, surtout quand on est encore un jeune étudiant. Ma principale ressource financière était mon salaire: soit un peu moins de 1/3 du SMIC (peut-on espérer mieux en ne faisant que 10h hebdomadaires?). Ces précieux euros étaient entièrement engloutis par le loyer de mon minuscule studio. Alors pour mettre un peu de beurre dans les épinards, je pouvais compter sur l’aide au logement de la CAF, et c’est tout!!! Car le problème voyez-vous, est que je n’avais absolument pas le droit à une quelconque bourse: celles-ci sont malheureusement basées sur le salaire des parents. Ne pas y avoir droit vous interdit la possibilité de postuler pour une chambre étudiante, et vous empêche de profiter de l’énorme réduction de frais d’inscriptions pour l’année universitaire (750€ ramenés à 22€, ce qui est loin d’être négligeable). Le parcours est semé d’embûches, mais on ne va pas se laisser abattre pour autant. En tout cas c’est bien beau de pouvoir payer son loyer, encore faut-il avoir les moyens de financer les autres besoins mensuels indispensables: la nourriture, les transports, les loisirs (devenus trop rares). On commence à compter les centimes d’euros, un sous est un sous comme on disait d’antant. Et puis en comptabilisant ce qui entre et ce qui sort du porte-monnaie, on se rend vite à l’évidence que son compte en banque prend l’eau, même en s’infligeant les pires restrictions. Glouglouglououou… ='(

Pour pallier à ça je n’avais pas d’autres choix que de travailler pendant les vacances, ne serait-ce que pour mettre de côté de petites économies qui deviendront vitales les mois suivants. Déjà que pendant les périodes scolaires vous êtes en cours la semaine et au travail le weekend, vos temps libres s’étant déjà réduits comme peau de chagrin. Vous allez me dire, on n’est plus à ça prêt. Cette solution a fonctionné les deux premières années, mais ensuite l’école d’ingénieur vous impose de passer l’été à faire un stage en entreprise. Vous pouvez alors dire adieu à vos deux précieux mois payés au SMIC de la période estivale, vous ne toucherez que ce que votre nouvelle boîte voudra bien vous laisser. Comme si vous aviez encore besoin de ça. C’est pourquoi en troisième année j’ai dû opter pour une solution plus radicale: sécher des cours pour travailler quelques heures en semaine, en plus du weekend. De quoi faire souffler le porte-monnaie… 🙁

Et voila comment ce sont déroulées ces trois années d’intenses galères. Les fins de mois ont été très difficiles sans être extrêmes non plus. Ce billet n’a rien contre les grandes surfaces en général, bien au contraire. J’estime y avoir mieux trouvé mon compte que si j’avais travaillé dans fast-food ou un tout autre job d’étudiant de ce genre. Je tenais simplement à laisser un petit témoignage pour montrer qu’il est parfaitement possible de conjuguer études et travail étudiant, même si cela demande un peu de courage et quelques sacrifices. Mais au final j’ai tiré de cette expérience une certaine fierté: celle d’avoir réussi à obtenir mon diplôme (sans redoubler en plus, s’il vous plaît!!) tout en gagnant ma vie à côté. Je ne pense pas être un cas isolé, loin de là. J’imagine que beaucoup de caissières étudiantes devaient connaître la même situation. En y réfléchissant bien, c’est un système où chacun y trouve son compte: les étudiants se font quelques sous, les grandes surfaces disposent d’une main d’œuvre avec des horaires de travail très flexibles. En tout cas moi ça m’a bien arrangé. 🙂

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Travailler dans le noir

Un bon employé se doit de s’adapter aux conditions de travail les plus incongrues. De manière plus classique, cela peut aller de la corvée de benne à cartons à l’arrière du magasin sous la pluie, ou une caissière seule qui attend désespérément de pouvoir encaisser un client alors que le magasin est vide. Mais bon, the show must go on comme disait Yvette Horner avant que Queen ne lui pique l’expression et ne connaisse la gloire. :p

L’illustration est de ~Takodah

J’espère que vous avez bien lu le titre, c’est effectivement « travailler dans le noir » et non « travailler au noir », qui entre nous sont des concepts totalement différents. Quand je parle de travailler dans le noir, je veux parler de panne de courant. Mais attention, il y a « panne » et « panne ». Il y a la petite panne qui dure quelques minutes mais qui ne dérange pas plus que ça. Cela était arrivé comme un cheveux sur la soupe, c’était un matin aux alentours de 7h: plus de lumière en rayon, les frigos ne fonctionnent plus. L’atmosphère était assez étrange, car être dans les rayons dans une quasi-obscurité contraste avec la vision qu’on a du magasin éclairé en pleine journée. Mais bon le soleil n’allant pas tarder à faire son apparition, on y voyait encore un petit peu et tout le monde essayait de travailler comme si de rien n’était. Et bien oui, à quelques dizaines de minutes de l’ouverture, on n’a pas le temps de chômer. 🙁

Mais il y a aussi l’autre « panne », la vraie « panne », celle qui est plus vicieuse, plus gênante… Cette panne, ou plutôt « LA PANNE » eut lieu un samedi matin (encore?? comme par hasard!!) et fut très localisée: uniquement la réserve épicerie. Bien sûr, il a fallu que ça tombe sur nos gueules. La particularité d’une réserve est qu’elle n’a pas de fenêtre, alors quand il n’y a pas de lumière il fait aussi noir qu’au fin fond de la Scandinavie par une chaude journée d’hiver. Enfin bref, elle ne fait pas semblant de faire noir (pas très françoise cette phrasette). Seul un électricien aurait pu nous sortir de ce « Viet-Nam de la grande distribution » mais pas avant lundi matin, à croire qu’il y a des électriciens-fonctionnaires. 😮

Les plus malins avaient déduit que si la réserve est plongée dans le noir, on ne pouvait pas travailler. Et bien non, sinon ça n’aurait pas été drôle. Les rayons de l’épicerie doivent quand même tourner, et pour cela il faut aller récupérer dans la réserve ce qui va garnir les rayons. Chacun s’est alors muni d’une petite lampe de poche avec des portées/puissances/niveaux de batterie différentes. A mon avis on aurait dû embaucher des aveugles, ils auraient sûrement été plus efficaces que nous. Et accessoirement on aurait pu ravir la Cotorep, mais ça c’est un autre débat dans lequel je n’oserai pas me lancer. :S

Je ne sais pas comment vous décrire au mieux la galère que c’est que de préparer des palettes dans une réserve plongée dans l’obscurité. On commence par tenir sa lampe de poche dans une main, et on porte les cartons avec le bras disponible. Et puis on opte pour la solution qui consiste à poser la lampe sur une étagère et s’arranger pour éclairer le plus d’espace possible. N’ayant pas eu de chance ce jour là, j’ai dû passer quelques longues heures en solitaire au premier étage de la réserve. Je peux vous témoigner que c’est une drôle d’impression que de s’enfoncer seul au fin fond d’un labyrinthe obscur. Cela réveille en vous les peurs les plus primaires. Louis devient plus sollicité, euh non, l’ouïe devient plus sollicitée! Le moindre bruit, le moindre craquement du plancher fait augmenter votre rythme cardiaque. Bon j’exagère un poil, je n’étais seul que la moitié du temps du fait de mes horaires décalés. De temps en temps j’apercevais au loin les faisceaux des lampes des collègues qui faisaient leur commandes. En tout cas, c’était une sacrée expérience 🙂

Pour conclure cette anecdote, je rajouterai que durant toute cette maudite journée je suis resté attentif à ne pas se faire piéger par un petit rigolo qui aurait été tenté de me faire une blague idiote dans le noir. Et voila que sur les coups de 18h, alors que ma vigilance est retombée, j’entends un collègue me hurler « BOUH » dans oreilles. Ça doit être la seule fois de ma vie que j’ai hurlé comme une gamine de 5 ans. L’enfoiré!!!! 😡

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Quinze secondes dans l’enfer du bureau d’accueil

Je me rappelle d’une maladresse que j’avais commis il y a fort longtemps. Vous savez ce genre d’erreur de débutant où l’on passe pour un imbécile, un peu comme quand on fait un clafoutis sans enlever le noyau des cerises, ou quand on oublie de vérifier que rien ne dépasse avant de remonter la fermeture éclair de son pantalon. Ça surprend la première fois, et après on se jure que l’on nous ne nous y reprendra plus. Et bien là c’est exactement pareil. :p

L’illustration est de =Anime-and-Chaos

Ce weekend là j’avais été appelé au bureau d’accueil pour renseigner un client mécontent. Mais le problème des samedis après-midi, c’est que le bureau d’accueil est aussi chaud qu’une baraque à frites, mais la grande différence est que les hôtesses d’accueil ne sentent pas le graillon. Mais quand j’y repense, il n’y a pas de frite non plus… Peu importe, disons que l’ambiance est souvent électrique. Pour vous donner une idée de la chose, on peut représenter le bureau d’accueil comme une cage qui contiendrait une caissière sous la forme d’un petit oiseau, et autour s’attrouperaient des clients représentés par une bande de chats plus ou moins agressifs. Parfois y a des coups de pattes qui se glissent entre les barreaux. Ami lecteur, je pense que tu auras été assez intelligent pour comprendre la métaphore de l’image ci-dessus ainsi que tout son potentiel comique (même si entre nous ça reste moins drôle qu’un coussin péteur). 😀

Maintenant que le décor est posé, nous pouvons entrer dans le vif du sujet. Alors voila, pour pouvoir discuter avec le client avec un poil de professionnalisme et instaurer un véritable rapport client/employé, je rentrais à l’intérieur du cercle formé par le bureau d’accueil. J’avais alors à ma disposition tout ce qui pouvait contribuer à résoudre le problème du dit-client: un téléphone (pas rose, je vous rassure) pour papoter avec un chef de rayon, un catalogue pour vérifier ensemble les promotions ou chasser les mouches (au choix). En quelques secondes le problème est réglé, la routine en quelque sorte. 😉

Mais l’erreur que j’ai commise est justement d’avoir pénétré dans l’enceinte du bureau d’accueil. Deux mètres me séparent de la sortie, mais à votre avis combien de temps me sera nécessaire pour les parcourir? Déjà les regards des clients se braquent sur moi. A leurs yeux je deviens un employé potentiellement interrogeable/embêtable/enguelable (je vous laisse prendre un stylo et rayer les mentions inutiles). Je serre très fort les fesses et me rapproche de la sortie à grandes enjambées comme si ne rien n’était… :S

Un premier client m’interpelle 🙁

Client n°1
Excusez-moi! Je pourrais avoir du papier cadeau?

L’hôtesse d’accueil en profite 😮

Caissière
Je suis un peu débordée, tu peux t’en occuper?

Moi
Pas de problème, je m’en occupe.

Les regards se braquent sur moi, l’occasion est trop belle :'(

Client n°2
Moi aussi!!

Client n°3
Hé!! Mais moi aussi j’en veux!! Et puis je vous signale que j’étais là avant!!!

La tension est montée d’un cran 😡

Et voila comment on se retrouve coincé dans le bureau d’accueil, toute tentative de fuite est inutile. Maintenant que les clients vous ont sous la main, ils ne vous lâcheront pas de sitôt. :'(

Un client au bureau d’accueil est rarement patient. Il considère qu’il doit être servi dans les plus brefs délais. Mettez-vous à la place de ces pauvres hôtesses d’accueil qui du matin au soir se démènent pour les servir, les calmer parfois quand ils haussent le ton. Elles en ont de la patience, et rien que pour ça je les admire. A mes débuts je commettais l’imprudence d’entrer dans leur Q.G. (par naïveté?), mais je ne m’imaginais même pas que c’est un piège dont il est difficile de se sortir, surtout quand il y a du monde. Alors pour éviter ce genre de désagrément je restais à côté du bureau pour bien me différencier des hôtesses d’accueil. Mais en y réfléchissant cela ne me dérangeait pas plus que ça de leur donner un petit coup de main, j’aimais bien le contact clientèle. 🙂

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Foire aux vins (partie 2/2): le monde du tire-bouchon

C’est bien beau d’avoir trié toutes les palettes de vins dans la réserve, mais elles ne vont pas se placer toutes seules en magasin (quoique, entre nous, ça serait vraiment formidable). Comme vous l’aurez compris, la deuxième étape consiste à se bouger les fesses pour aménager un superbe espace pour la foire aux vins dans le magasin, et tant qu’à faire essayer de rendre jaloux les enseignes concurrentes. Rome ne s’est pas construite en un jour, la foire au vin non plus. Alors voila une fabuleuse aventure, digne des plus héroïques épopées de la conquête de l’ouest… 😀

L’illustration est de ~UTKAN

Je ne sais pas si votre sixième sens de client pointilleux est assez affuté pour avoir remarqué qu’il y a bien souvent une zone, non loin de l’allée centrale promotionnelle, que l’on appelle « rayons saisonniers ». Cette aire très particulière est destinée à accueillir toute sortes de produits en phase avec une période précise de l’année. Actuellement, cet espace est tout spécialement dédié à la rentrée des classes. Mais croyez moi, cela ne va durer, les chiards ont eu leur heure de gloire et il est temps de laisser la place à des produits d’hommes. 😉

C’est dans ce contexte particulier que ces messieurs du bazar sont priés d’évacuer les lieux séance tenante. Les doubles pages à petits carreaux et les stylos à plumes ne sont plus les bienvenus dans le quartier. Le shérif du comté a changé de tête, et les lois aussi. L’épicerie vient de gagner une cinquantaine de m2 et va pouvoir de nouveau asseoir sa suprématie en terme de chiffre d’affaires. Les deux rayons parallèles qui constituent cette espace « saisonnier » sont entièrement vidés, permettant par la même occasion de démonter une grande partie de la structure commune à ces deux mêmes rayons pour laisser apparaître une vaste surface vide (chose rare dans un magasin). Après cette pénible opération, les deux allées sont alors désertes. Pour peu qu’on voie rouler des buissons secs balayés par le vent, il n’y a qu’un pas. :p

L’endroit par son vide fait tâche, surtout parmi les allées voisines qui sont pleines à craquer. Pour ne pas choquer la ménagère de moins de 50 ans, une immense toile de tissus est étendue du côté de l’allée promotionnelle, condamnant l’accès aux clients les plus fougueux. Des murs de palettes sont érigés aux côtés opposés pour boucher la deuxième issue. Notre « rayon saisonnier » est devenu une sorte de « no caddy’s land », si vous me permettez l’expression. Mais rassurez vous, ce territoire de nouveau vierge connaitra bientôt le déchaînement des amateurs de vin. 😡

La colonisation est alors lancée par le nouvel occupant, et c’est tout un convoi de palettes de vins qui migrent vers notre rayon. Sur place mon chef dada me pose la main sur l’épaule et m’expose sa vision des choses: « regarde petit, à gauche nous aurons du vin rouge à perte de vue à gauche. Et à droite du vin blanc… ». Merveilleux programme que voila, et c’est partit pour quelques jours d’implantation. Les palettes défilent et les étagères se remplissent. Des Bordeaux, des Pinots, des Côtes du Rhône, et même des vins étrangers (Californie, Amérique du Sud, …). De temps en temps le directeur vient s’assurer en personne que l’opération se déroule dans les temps. Et puis ayant une formation d’œnologue, on avait l’impression qu’il retombait en enfance quand il regardait tout ses vins tellement ses yeux pétillaient. 😉

Après quelques jours, il ne reste plus qu’à finaliser l’implantation en mettant un peu de décoration (demi-tonneaux, draps de couleurs violette,…). Il faut également installer/ouvrir les caisses en bois contenant les crus classés, le tout en faisant attention de ne rien casser (de 50€ à 300€ la bouteille, les caisses peuvent en stocker une douzaine). Cela ferait mal au cœur de gâcher du si bon vin. :S

Ce rayon possédait une atmosphère magique du fait de son isolement: cachés par la toile de tissus et par les murs de palettes, nous avions l’impression d’être dans une bulle en plein cœur du magasin. Nous pouvions espionner les clients en soulevant la toile, et même donner des tapes sur les mains des clients qui essayent d’attraper une bouteille en douce après s’être glissé à côté du mur de palettes. Mais ce qui m’a le plus marqué, ce sont les bons moments passé avec mes chefs Dada et Juju, et la Vivie., l’implantation se faisait dans la bonne humeur. Je garderai ce cette période d’excellents souvenirs. 🙂

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Foire aux vins (partie 1/2): les vins enseignent la géographie

La foire aux vins est un événement majeur dans la vie d’une grande surface, si bien que celle-ci ne doit absolument pas le rater. Ceci dit avec la rentrée des classes, nous sommes en plein dedans, et ça tombe plutôt bien. Cette opération se prépare longtemps à l’avance, mais n’ayant jamais assisté aux préparatifs en amont (étude du catalogue, négociations des prix [???], mise en place du plan d’implantation, etc…), je n’évoquerai que mon point de vue de simple employé. 😉

L’illustration est de *SLOShooter

Ce qu’il faut savoir, c’est que pour l’occasion une partie de la réserve du magasin est réquisitionnée pour entreposer les arrivages. Les livraisons se font sur plusieurs semaines, par étapes, mais on a vite fait de se retrouver avec plusieurs dizaines de palettes de stocks. J’en connais qui doivent rêver, et ils ont parfaitement raison: il n’existe pas de sensation comparable à celle de se trouver au beau milieu de milliers de bouteilles de vin. 😮

La France dispose d’une immense variétés de cépages (Merlot, Chardonnay, Pinot Noir…) et la foire aux vins les représente en très grande partie. Mais alors, comment s’en sortir avec un tel foutoir? Il va malheureusement falloir trier tout ça, non seulement parce que ça fait joli mais aussi pour grandement faciliter la phase d’implantation en rayon (cette étape sera abordée dans la 2ème partie qui sera – je vous le rappelle – publié jeudi). C’est dans ce contexte quasi-idyllique que j’ai passé quelques merveilleuses après-midi du mois d’août, à tripoter langoureusement des cartons de vin, à caresser ces palettes affublées du plus fabuleux des nectars. Au risque de rompre le charme de cette ambiance un tantinet libertine, je ne vous cacherai pas que pour l’occasion on ressort les abréviations barbares d’usage comme V.D.P. pour « vin de pays », ou C.D.R. pour « Côtes du Rhône ». Grrrr!!! C’est moi où la pièce vient de perdre quelques degrés? :p

Accompagné de Jéjé et du père Toine (certains y auront reconnu un vibrant hommage à une célèbre nouvelle de Maupassant, enfin je l’espère!!), nous nous empressions de mettre fin à tout ce joyeux bordel pour ne laisser derrière que de fières allées de cartons intelligemment triées par région et par cépage. 😀

Je vous offre en exclusivité un court extrait des rares mots que nous échangions:

Jéjé soulève un carton et regarde de quoi il s’agit.

Jéjé
C’est du Cabernet d’Anjou… c’est près de Marseille ça, non? Alors c’est dans la vallée du Rhône?

Je ris intérieurement. 🙂

Moi
Si tu considères que Marseille donne sur l’Atlantique, oui.

Toine lève les yeux vers le ciel. :'(

Toine
Mon dieu mon dieu, y a bien 500km de décalage!! Mon p’tit Jéjé, les Cabernet d’Anjou sont dans le Val de Loire.

Jéjé prend un autre carton.

Jéjé
Tiens, voila du Chablis. C’est un Bordeaux?

Cette fois-ci, je craque. 😀

Moi
Hahahahahaha!!!

Toine
Tu le fais exprès ou quoi? Le Chablis est un vin de Bourgogne.

Jéjé
Mais quoi? J’ai toujours été nul en géographie.

Ha ces p’tits jeunes, ça boit de la Kro et ça pense tout connaître de l’alcool. Il ne manquerait plus qu’il dise que Smyrnov (désolé pour les fautes d’orthographe, mais on ne dit pas de marque) est une ville russe et là c’est le pompon!! Mon pauvre Jéjé, désolé de m’en prendre encore à toi mais tu sais que je t’adore. Le fin mot de l’histoire est que contrairement au vin, la géographie n’est pas à consommer avec modération. Mais je sais que notre bien aimé Jéjé a fait beaucoup de progrès depuis cette époque, puisque maintenant il connaît le rayon des vins sur le bout des doigts. 🙂

Non seulement cette fastidieuse étape de tri permet de travailler en équipe, mais elle permet de parfaire ses connaissances en géographie. Rien qu’à l’appellation d’un vin, on peu déterminer sa provenance ou sa région. Par exemple, une bouteille de Chinon ou d’Anjou vient du Val de Loire, un Riesling vient d’Alsace, un Corbières vient du Languedoc, Sauternes et Saint-Émilion du Bordelais, et un Châteauneuf du Pape représente la vallée du Rhône. Décidément on pourrait y passer des heures entières à tous les énumérer. :S

Comme je pense à vous, je vous offre une petite carte de France des vins pour vous instruire: 😮

La carte est extraite du site www.ochato.com

Je n’irai pas jusqu’à affirmer que si l’on distribuait des pichets de rouge dans les cantines d’écoles, nous aurions moins d’analphabètes. Même si entre nous, ce serait plus amusant que d’apprendre tous les départements/préfectures/sous-préfectures. Cela ne peut pas causer plus de dommages à cette jeune génération qui préfère saccager son écriture avec le maudit langage issu des tréfonds des enfers, et que l’on nomme S.M.S., plutôt que de daigner s’intéresser à la richesse de nos campagnes. :/

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La quête des courses

Link revient nous voir ce soir pour nous faire partager sa manière de faire les courses. On peut être un héros de jeu vidéo, quand le frigo est vide il fait comme tout le monde. Entre deux sauvetages de la princesse Zelda, il se résout à pousser son caddie. :p


Les images viennent du site Nintendo For Ever.

Le semaine prochaine sera consacrée aux vins. Je suis sûr qu’après vous ne verrez plus votre rayon de côtes du Rhône de la même manière. 😉

Dernier petit message: merci à Miss Julie pour son petit cadeau que j’ai reçu aujourd’hui par la poste. C’est super sympa. :p

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La ligne de caisse

Il y a des professions où l’employé peut être confronté à des situations stressantes. Cela tient souvent d’un infime détail qui donne du piquant, un je-ne-sais-quoi d’imprévu qui bouleverse les méthodes de travail, mêmes les plus éprouvées. Il peut s’agir de chiens méchants pour le facteur, d’une marque de saucisse qui supporte mal la cuisson pour un vendeur de hotdogs, d’un gros buveur de limonade pour un barman, et j’en passe… Et bien pour moi il s’agissait tout simplement de la ligne de caisse. 😮


L’illustration est de ~everevie

Oh oui je sais, encore un billet où je vais casser du sucre en morceau par paquets d’un kilo sur le dos des caissières. J’ai bien envie de vous répondre « Et alors???? ». Et vous l’aurez bien cherché parce que moi voyez vous, j’adore ça. Qu’est ce que j’y peux? ^^

Quand on est cloisonné dans son rayon à empiler des boîtes de conserves (soit une surface habitable d’environ 20m2) on ne doit affronter que le regard des deux caissières au bout de son rayon. Jusque là, ça reste supportable. Se faire mater l’arrière train n’est en soi pas désagréable, pour une fois que les rôles sont inversés. Mais qu’en est-il quand vous êtes chargé de vous occuper des T.G. (Têtes de Gondole). Cela vous expose à toute la ligne de caisses. Là, il n’y a pas qu’un binôme de caissière qui vous observe du coin de l’œil, mais toute une tripotée de chipies. Et en bande elles se sentent en confiance, plus rien de leur fait peur. J’en connais qui doivent s’évanouir à la simple lecture de ce paragraphe. :S

Quand il y a du monde, cela ne me pose pas de problème car ces demoiselles sont occupées à scanner du code barre à s’en tapisser le mur des toilettes jusqu’au plafond. Mais quand il n’y quasiment pas de clients comme en début d’après-midi, les caissières s’ennuient sur leurs petites chaises à roulettes. Très vite vous devenez leur seule distraction. Je les entends déjà à penser dans leur tête: « Mais que fait-il à tripoter sa T.G.? », « Est-ce qu’il a remarqué ma nouvelle coiffure? », « Il m’a dit bonjour ce matin? Non, alors je vais lui faire la gueule!! ». J’ai horreur d’être le-seul-pauvre-gars-à-travailler que tout le monde observe. J’ai comme l’impression d’être tout nu, la honte. :'(

Vous trouvez que j’exagère? Alors ajoutez à cela une bonne dose de stress, car voyez vous vous n’avez plus droit à l’erreur. La moindre maladresse de votre part comme laisser s’écraser sur le sol un pot de confiture, et c’est tout un bataillon de commères qui se retournent sur vous. Vous pouvez être sûr que l’autre bout du magasin est déjà au courant dans la minute. Votre bras devient tremblant. On vous laisserait un fouet dans la main que vous battriez les blancs en neige. Haaa, ça veut du spectacle, ça veut du sensationnel!!! Je vais leur en donner moi de quoi épater la galerie. Même à côté les ours cracheurs de feu qui font du tricycle leur paraîtront d’une banalité affligeante. Alors en s’agenouillant devant un rayonnage il m’arrive de découvrir accidentellement une partie de mon anatomie: une timide et nonchalante raie de fesses. Ce n’est peut être pas mon meilleur profil, je vous l’accorde. Avec un peu de chance je provoquerai une quelconque crise de nausées collective. Ben ouais, quoi? Moi je ne suis pas payé à amuser la galerie, je suis payé à faire de la mise en rayon. Vous vous attendiez à quoi? 😡

J’avoue que je me suis un peu lâché sur ce billet, mais bon je dois bien admettre que j’ai horreur d’être au centre de toutes les attentions. Pour me faire pardonner, je concéderai une petite phrase de circonstance: « qui aime bien châtie bien ». Elles sont mignonnes ces petites caissières. Et puis des fois y en a qui te parlent pendant que tu arranges ta T.G.. Et oui, une caissière a une bouche et elle sait très bien s’en servir. Ça prouve qu’on fait attention à vous en tant qu’individu et non en bête de foire. ^^

Cette semaine j’ai un peu bâclé mes billets mais je vous promets que je mettrai en ligne deux billets d’anthologie la semaine prochaine. 😉

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Voila un an que j’ai posé ma démission

Il y a quelques temps, j’ai décidé de faire un peu le ménage dans mon petit appartement. Il n’est jamais trop tard pour faire un nettoyage de printemps, du moment que nous n’avons pas atteint les prémices de l’automne. Alors j’ai vidé mes placards, mes étagères et jeté tous ce qui selon moi ne me servira plus. J’ai empilé entre autre une bonne centaine de magazines sur le cinéma, mes anciens de cours, et toutes sortes de choses plus ou moins futiles. Mais voila qu’une pile de papiers m’intrigue: toute une collection de lettres de démission, chacune adressée à mon ancien employeur. Jusque là rien de bien passionnant, si ce n’est que toutes ces lettres ont été imprimées et datées à des intervalles de temps espacés de très exactement une semaine chacunes, de début juillet à fin août 2007 pour être plus précis. Mais pourquoi donc? Et puis en farfouillant un peu dans ma mémoire, je me suis rappelé de quelle manière j’ai démissionné de ma grande surface il y a un an de cela. Cela s’est passé à peu près comme ça… :/

Alors voila, j’avais décidé de démissionner au cours de l’été dernier. Non pas que le travail ne m’intéressait plus mais il m’était devenu de plus en plus compliqué de l’exercer en parallèle de mon métier d’ingénieur. Voyez vous, je suis du genre à préférer donner ma lettre de démission en main propre, plutôt que d’utiliser une lettre recommandée, quoique plus formelle je vous l’accorde. Alors les samedis matins du mois de juillet se sont enchaînés et le directeur était inlassablement absent, soit pour ses vacances, soit parce qu’il prenait son weekend. Entre nous cela m’arrangeait un peu, j’ai pu en quelque sorte traîner des pieds. Après tout, rien ne pressait. Certains collègues savaient que j’allais tôt ou tard la remettre cette fameuse lettre, mais personne ne savait quand. Suspense, suspense…. Je repense à Jo du rayon des textiles qui m’avait demandé, avant de partir en vacances, d’attendre au moins son retour pour démissionner. Halala, si elle avait su. :p

Le directeur était de retour, de nouveau fidèle à son poste. Mais voila, je n’ai pas eu le courage de lui remettre ma lettre tout de suite. Je repensais à toutes ces années passées dans mon magasin. Je voulais encore m’imprégner de l’ambiance toute particulière de ce magasin, de profiter de mon statut privilégié d’employé très polyvalent du weekend. Et puis j’ai craqué le dernier samedi du mois d’août, le 25 pour être exact. Héhé, vous avez remarqué que nous sommes aussi le 25 août? D’où la présence de ce billet. J’ai pris mon courage à deux mains et suis rentré dans le bureau du directeur. Je lui ai expliqué qu’avec la fin de mes études, j’avais trouvé un emploi d’ingénieur dans une S.S.I.I., mais sans lui avouer toute la vérité. Selon la loi, tout employé peut cumuler plusieurs C.D.I. sans excéder 48h hebdomadaires dans des entreprises non concurrentes. Mais elle dit aussi qu’il peut ne pas informer ses employeurs de ses autres activités salariales pendant une durée d’une année au maximum. Or le 25 septembre, cela aurait fait un an que je cumulais mon travail d’ingénieur avec mon job de mise en rayon. Et comme le hasard fait bien les choses, cela faisait pile un an avec le préavis d’un mois que je venais de poser. La boucle était bouclée, si je puis m’exprimer ainsi. 😀

Une fois ma lettre de démission remise en main propre, j’ai commencé ma journée de travail sans en avertir mes collègues. Mais ce que peu de gens savent, c’est qu’à la fin de cette même journée le chef du rayon des liquides est venu me saluer longuement en réserve. Sur le coup j’ai trouvé cela étrange, sachant qu’il devait partir en vacances le soir même. J’ai appris la semaine suivante qu’il venait de quitter la société et que son au revoir était en fait un adieu. :'(

Le mois prochain, je ferai un bilan de cette première année passée en dehors de ma grande surface. Il y a du positif et du négatif. Vous découvrirez tout ça très prochainement. 😉

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Comme on entre dans les ordres…

 
L’autre jour, il m’est passé une idée totalement saugrenue dans ma tête. Vous savez, ce genre d’idée qui vous tombe dessus sans crier gare. Ce genre d’idées dont vous vous demandez comment elles ont pu transiter par votre petite cervelle. Certes j’en ai des idées tordues qui me traversent l’esprit à longueur de journée, y a des fois où je me fais peur moi même. Alors voila, et si finalement travailler dans une grande surface équivaut à entrer dans les ordres? :p


L’illustration est de ~koshoctet

Travailler dans un supermarché, cela signifie se vouer corps et âme à l’univers de la grande consommation. Votre foi envers votre dieu doit être sans limite. Certes il est capitaliste, mais que voulez vous il faut vivre avec son temps. Si les voies du seigneurs vous semblent impénétrables, sachez qu’elles empruntent néanmoins les autoroutes de l’économie de marché et les sentiers du pouvoir d’achat. 😀

Dès lors que vous signez votre contrat, vous vous engager à respecter certains vœux comme ceux que les profès sont tenus de respecter dans un ordre religieux. Le premier d’entre eux est le vœux d’obéissance, envers vos supérieurs bien entendu. Le suivant est le vœux de chasteté, notamment si vous voulez éviter toutes sortes de problèmes. On me souffle à l’oreille qu’il nous en manque un, c’est celui de pauvreté. Huumm… finalement on va le laisser tomber celui là. Je risquerais de glisser hors des limites que je me suis fixés pour ce blog. Mais nous pourrions être tenté de le remplacer par le vœux de silence, mais je sens que peu d’employés seraient capables de le mettre en pratique. 😮

L’engagement doit être totale, quitte à faire des sacrifices. L’employé de la mise en rayon se lèvera très tôt six jours sur sept. La caissière acceptera de travailler parfois jusqu’à 21h, et concédera quelques dimanches. Quant au chef de rayon, il passera jusqu’à 50% de sont temps dans le magasin. Difficile pour lui de maintenir une vie sociale épanouie. Peu importe le niveau de hiérarchie dans lequel l’employé se trouve, aucun n’est épargné. :S

Dans ce temple dédié à la grande consommation, chacun vient en aide aux brebis égarés qui brandissent leur catalogue rempli de saintes promotions. Les confessions se font à l’accueil, les hôtesses prêcheront religieusement la bonne parole où donneront l’extrême-onction pour les articles défectueux. Tout est mis en œuvre pour mener les fidèles clients vers le bon chemin. 🙁

Ce billet peut vous sembler effrayant à première vue, mais il n’en est rien je vous assure. Car voyez vous, un magasin c’est un peu comme une grande famille. Vous cohabitez avec des compagnons de galères. Mais c’est peut être ça le secret qui fait que la cohésion entre les employés du magasin prend forme, par une incroyable et bien mystérieuse alchimie. Parmi tous les boulots que j’ai pu exercer dans ma vie (et croyez moi, il me faut plus de deux mains pour tous les compter), j’ai constaté que c’est dans les grandes surfaces que le travail d’équipe est le plus perceptible. On a le sentiment d’œuvrer tous ensemble pour une cause commune (faire du chiffre). C’est peut être cette sensation incomparable qui me manque le plus à l’heure actuelle. 🙂

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