Chroniques de supermarché 

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Quand le magasin devient un champ de bataille

 
   
Autant vous prévenir tout de suite, ce billet est à réserver à un public averti. Il y a entre autre: de la violence gratuite en tranche, du sadisme en vinaigrette, et des caddies entiers d’hémoglobine en cubis. Alors après n’allez pas pleurer si vous votre sensibilité a été heurtée. :p
 
 

Vendredi dernier il faisait un temps pourri, alors j’ai rejoué à « Boxhead 2 » (un jeu flash sur le net, très addictif) pour passer le temps. Ce petit jeu voyez vous, est un survival avec des tas de zombies. C’est très primaire: éliminer les hordes de zombies qui se présentent à vous. Pour cela vous disposez d’un arsenal à faire pâlir Rambo en personne. Mais vous me connaissez, je n’ai pas pu m’empêcher de recréer mon magasin pour dézinguer du morts-vivants. Cela ressemble à une thérapie, je me suis vengé pour cette petite minorité de clients insupportables qui empoisonne nos journées de travail. 😮

Je vous conseille de l’essayer, vous m’en direz des nouvelles: « Boxhead 2 ». Et puis ça défoule après une journée de bureau. Si vous trouvez les décors trop simplistes, vous pouvez tenter la dernière variante du même jeu: « The Zombie Wars ». Mais attention, on atteint des sommets dans le bourrinisme comme en atteste la capture ci-dessous. Bon jeu à tous!!! :S

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Sois rasé et tais-toi!

Être présentable est une règle essentielle, surtout si on est en contact avec la clientèle. Je ne pense pas être moi même un exemple en la matière, mais je faisais l’effort de prendre ma douche hebdomadaire pour mon unique jour de travail de la semaine (j’espère que vous ne prendrez pas cette phrase au premier degré, c’est de l’humour). C’est une petite anecdote qui m’est arrivée un samedi qui m’a donné envie d’adapter le célèbre adage qui dit « sois belle et tais-toi ». 😉


L’illustration est de ~Manchas

Ma journée de travail ne commençait qu’à 8h, mais j’avais la fâcheuse habitude d’arriver une 1/2h en avance. Je m’installais alors en salle de pause, je discutais avec la femme de ménage tout en alignant les cafés. Mais passé 7h40, c’est l’heure de pause des bouchers. Je ne les appréciais pas énormément. Il ne se déplacent qu’en bande, ils ont des rires biens gras, se tape virilement sur l’épaule à la moindre plaisanterie. Ajoutez à cela des petites phrases pour se faire mousser dans le genre « t’aurais vu la taille de la bête que j’ai dépecé, grosse comme un 4×4. Dans les 3 tonnes je te dis!! ». Les bouchers ont un univers bien particulier. Franchement, j’ai du mal à adhérer. Tout ce petite monde est mené à la baguette par le chef boucher, un homme d’expérience proche de la retraite. Nous allons l’appeler « Maître Coq » pour la suite du billet. Maître coq en a découpé des camions de viande, il en a bâti des murs de gigots. Mais derrière ce bras qui manie le hachoir comme personne, il y a un cœur qui bat. Il l’aime son équipe, mais veille toujours à ce qu’il n’y ait aucun écart de conduite. C’est exactement ce qui est arrivé avec un petit jeune que je nommerai « Petit Poussin ». Ça s’est passé à peu près comme ça: 😮

Maître Coq
Dis moi, p’tit gars. Qu’est ce que je vois là? Trois petits poils qui se courent après?

Le jeune employé ne peut s’empêcher de se vanter de sa barbe à peine visible. 😀

Petit Poussin
C’est ce qu’on appelle « un homme », chef. Vous ne savez pas ce que c’est, vous!

L’équipe rifougne, mais le chef ne va pas se laisser faire. 😡

Maître Coq
La règle n°1 pour un boucher est de venir le matin rasé de près.

Petit Poussin
Mais je n’ai pas eu le temps ce matin, je me suis réveillé en retard.

On aura connu des excuses plus convaincantes. :S

Maître Coq
Ce n’est pas une raison valable.

Petit Poussin
De toute manière, maintenant c’est trop tard.

Maître Coq
Non non non, je vais te débarrasser de ton duvet avant l’ouverture du magasin. J’ai toujours des rasoirs qui traînent dans mon bureau. Mais comme je n’ai pas de mousse à raser, on va utiliser le savon des toilettes.

Et c’est comme ça que Petit Poussin a eu droit à un cours magistral de rasage dans les toilettes des hommes, devant une assemblée totalement hilare. Ça lui aura servi de leçon. ^^

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Le panorama

Il y avait un petit plaisir que je m’accordais toutes les semaines, une petit privilège qu’aucun client au monde ne peut s’accorder: celui de pouvoir contempler ma grande surface de haut. Comment cela peut-il être possible me direz-vous? Vous le comprendrez en lisant la suite. :p


L’illustration est de ~Moth-Wingthane

Chaque samedis, j’avais la charge de réaménager les stocks de l’allée centrale. Cela allait d’un simple facing à une descente des stocks vers une hauteur plus facilement atteignable par la clientèle. Car voyez vous, ce n’est pas pour rien s’il y a des rayonnages qui semblent inaccessibles à la ménagère, ils servent à entreposer les stocks. Grâce à cela, une allée qui à première vue semble vide retrouvera une seconde jeunesse en 1/2 heure si elle est est confiée aux mains expertes d’un employé. 😮

Je ne sais pas si vous vous êtes rendus compte mais les rayons de l’allée promotionnelle sont plus hauts que tous les autres rayons. Dans mon magasin ils dépassaient allègrement les 3 mètres, d’où la nécessité de se munir d’un escabeau assez grand si on veut accéder aux stocks. C’est ainsi que sur les coups de 19h, j’allais en réserve chercher la bête: le fameux escabeau qui va me permettre de gravir la montagne de promos. Le récupérer est un chose, mais se trimballer le monstre en rayon en est un autre. Il s’agit avant tout d’éviter d’empaler un gamin, de faire valdinguer un caddie ou pire, assommer une habituée du magasin. Pour les lignes droites, c’est plutôt facile, mais négocier les virages demande un minimum de sang-froid. :S

Mais une fois sur place et votre escabeau fièrement dressé, vous vous sentez tel Jack face à son haricot magique. Plein d’entrain et assoiffé d’aventures, vous vous élancez le cœur léger à l’assaut du sommet. Marche par marche vous vous arrachez du sol, vous quittez le monde des caddies pour celui des produits « inaccessibles-du-bout-des-doigts-et-sur-la-pointe-des-pieds ». Mais attention, Michou le vigile guette et n’hésitera pas à donner un coup de pied dans la structure pour éprouver votre équilibre. Mais ces quelques secondes d’efforts seront rapidement récompensées. :/

A défaut d’avoir atteint le 7ème ciel, on va se contenter du premier. Ne soyons pas trop gourmand. Du haut de votre escabeau, vous avez pénétré dans un monde magique. Mais voila que vos yeux sont éblouis. Serait-ce le soleil ou bien la beauté du panorama? Et bien non, ce sont simplement les éclairages qui sont à quelques dizaines de centimètres au-dessus de votre tête. Cela ne vous empêchera pas de contempler le magasin d’un point de vue dont seuls les vigiles bénéficient avec leurs caméras de surveillance. Les décolletés prennent une dimension plus coquine, les clients vous paraissent touts petits. Vous avez l’impression d’observer une colonie de fourmis. De là rien ne peut vous échapper. Il paraîtrait même que par beau temps on peut apercevoir le rayon des liquides, mais ça c’est une autre histoire. 😀

Bon allez, je vais clore ce billet dans une ambiance bollywoodienne: 🙂

Une minute de silence pour la mort de « In Ze Caddie », le blog de Capucine et sa fourmilière. Six mois que nous sommes sans nouvelles. Si un jour tu passes par içi Pucine, fais nous un petit coucou. :'(

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Les conversations téléphoniques

Le téléphone est l’outil de communication le plus indispensable d’une grande surface. Les caissières n’ont qu’un téléphone fixe car elles bougent rarement de leurs caisses, les autres ont des portables et sont joignables de n’importe quel point du magasin. Mais qu’est ce qui peut bien se dire sur les lignes?


L’illustration est de ~MrFunnyPants

Je vous propose un petit aperçu des différents échanges téléphoniques que je pouvais avoir avec mes collègues.

Avec les caissières

Autant vous prévenir tout de suite, les discussions au téléphone avec les caissières, ça ressemble plutôt à ça:

/* DRIIIING (mon portable sonne) */

Moi
Allo?

La caissière
Caisse 6, ça serait pour avoir le prix d’une grande boîte d’haricots verts Donbuelle.

Moi
2.48€.

Pas de quoi fouetter un caddie en effet. Vous l’aurez aisément compris, quand une caissière vous appelle c’est généralement pour un problème de prix, pas pour parler du temps qu’il fait. Mais le temps de retouver le prix en rayon, je tente quand même de caser quelques blagues pour la faire patienter:

Moi
… et alors là il répond à la boulangère: « pas trop cuite ».

La caissière

Moi
Hahaha! Elle est drôle?

La caissière
Et pour mon prix?

Quand ce sont des nouvelles, elles n’ont en général pas le sens de l’humour. Par contre les plus anciennes se laissent prendre au jeu plus facilement.

Moi
Si je te donne le prix j’ai droit à une récompense?

La caissière
Tu auras surtout droit à un coup de pied aux fesses!!

Et puis quand je tombe sur une caissière que je connais bien, on peut papoter un petit peu:

Moi
Sinon ça va la petite famille?

La caissière
Ca va, ça va.

Quand les caissières de la caisse centrale m’appelaient, je me faisaient parfois passer pour mon chef. Quoi de plus normal quand on sait qu’il me prêtait son portable quand il n’était pas là.

/* DRIIIING (mon portable sonne) */

La caissière
Allo, Daniel?

Je prends une voix plus grave.

Moi
Oui?

La caissière
Est-ce que tu pourrais…

Je la coupe pour mettre fin à la blague.

Moi
Hahaha! Non, ce n’est pas Daniel

La caissière
Nicolas, c’est toi?

Avec les collègues

Avec les collègues, c’est beaucoup plus décontracté qu’avec les cassières:

/* DRIIIING (mon portable sonne) */

Le collègue
Allo, Nico! tu es où?

Moi
Avec ta femme!!

Mais on ne passe tout notre temps à se sortir des vulgarités, il nous arrive de parler de choses sérieuses:

Le collègue
On monte en pause maintenant?

Moi
Sûrement pas, je viens de voir monter la poissonnière. On ne va jamais pouvoir la supporter en salle de pause.

Le collègue
Aïe aïe…

On peut aussi essayer de refourguer son boulot:

Moi
Le chef a dit que tu dois nettoyer le rayon des vins, un client a laissé tomber une bouteille.

Le collègue
Oh non, c’est toujours sur moi que ça tombe.

Moi
Allez hop, bonhomme!! Le rayon ne va pas se nettoyer tout seul!!!

C’est dur aussi à avouer, mais il m’arrivait de monter des opérations de surveilance des rayons pour être averti des visites d’une cliente très particulière:

Le collègue
Coton Tige appelle Cornichon Extra Fin. Me recevez-vous Cornichon Extra Fin?

Moi
5 sur 5, Coton Tige.

Le collègue
Mademoiselle C. entre au rayon Fruits & Légumes. Je répète: Mademoiselle C. entre au rayon Fruits & Légumes

Moi
Bien reçu, Coton Tige!

Avec les chefs

Avec les chefs, le ton devient tout de suite plus formel. On ne peut pas se permettre de familiarités avec ses supérieurs, à moins bien sûr d’avoir quelques années d’ancienneté au compteur:

Le chef
Allo?

Moi
Mr Nicolas du rayon épicerie. Serait-il possible de savoir s’il vous reste des sacs de charbon de bois en réserve? S’il vous plaît.

Le chef
Mais parfaitement, je vais vous indiquer ça tout de suite.

De là à dire que certains abusaient de leur statut:

Le chef
Il y a eu de la casse au rayon des vins. Je te laisse passer la machine.

Moi
Mais ce n’est pas au chef de permanence de s’en charger?

Le chef
Si, mais j’ai la flemme.

Mais avec mon chef de rayon nous étions assez complices:

Le chef
Alors champion? Tu t’en sors avec ton rayon des conserves? Je t’envoie des renforts?

Moi
On a connu pire pendant le Viet-Nam mon capitaine. Ce matin ça sentait le traquenard mais nous avons évité la boucherie.

Les conversations les plus insolites

Et puis il y a les conversations inclassables. Comme celle où je ne m’étais pas rendu compte que mon portable était branché sur la ligne extérieure du magasin:

Moi
Allo?

Le client
Bonjour. Vous ouvrez à quelle le dimanche matin?

Moi
Hahaha!! Elle est bien bonne, tu ne sais même pas à quelle heure on ouvre le dimanche matin?

Le client

Moi
Qui c’est qui me fait une blague? Michou?

Le client

Comme personne ne répond, je raccroche.

C’est officiel, le magasin a définitivement perdu un client. Et puis le fameux samedi après-midi où le directeur m’a surpris à me faire passer pour mon chef de rayon:

Le directeur
Allo, Daniel?

Je prends une voix plus grave.
Moi
Oui?

Le directeur
Non ce n’est pas Daniel!!!!! Qui est au téléphone?

Moi
Gloups…

Comme disaient les Robins des bois, ce billet avaient la scarlatine la semaine où il a été publié, c’est pourquoi je le remets en ligne. Plus sérieusement, je l’avais effacé ce billet par erreur il y a plus d’un mois le lendemain de sa publication. J’ai préféré essayer de le réécrire car il valait quand même le coup.

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La quête du produit manquant

Récemment j’ai fini pour la énième fois Zelda 3 sur SNES. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire des analogies entre la recherche d’un produit réclamé par un client à l’accueil et une quête de Link. :p


Les images viennent du site Nintendo For Ever.

J’exagère peut être un poil, mais quand un client vient réclamer un produit qui n’est pas présent en rayon, il a souvent tendance à être nerveux. Il est préférable de retrouver l’objet de sa requête dans les plus brefs délais, pour éviter une crise diplomatique. 😉

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Survivre dans un environnement hostile, … et féminin

Il y a un facteur qui ne peut être ignoré en travail en équipe, c’est le facteur humain. Alors quand vous ne travaillez qu’avec des filles, il vous faut faire preuve de la plus grande prudence, voire de beaucoup diplomatie si vous voulez que tout se déroule le plus sereinement possible. 😉


L’illustration est de ~DliZ

Prenons comme exemple mon ancien magasin qui emploie une centaine d’employés. Parmi tout ce beau monde une bonne moitié sont des caissières. Ajoutez à cela les secrétaires, les employéex de la coupe, de la poissonnerie, de la boulangerie, ainsi que celles qui font de la mise en rayon et nous obtenons une grosse majorité de filles. J’exagère peut être un poil mais je ne pense pas me tromper en affirmant que 2/3 des effectifs sont des femmes. Alors autant vous dire que les règles de bienséance ne sont pas les mêmes que celles appliquées dans un chantier ou chez un garagiste. :p

A mes débuts je faisais effectivement partie d’une équipe dopée à la testostérone telle celle du rayon des « liquides ». Ce lieux de débauche où les sujets de conversations oscillent entre le foot et les paires de nichons, le tout parsemé de gros mots à faire rougir un charretier. Certains diront que c’est le paradis, tandis que d’autre crieront au scandale. Peu importe quand les maîtres des lieux sont tous des hommes, rien ne les choque ni ne les vexe. Malheureusement pour moi j’ai été rapidement incorporé à l’équipe « épicerie ». Équipe toute particulière car mis à part le chef, tout le monde porte un soutien gorge. Et là, les règles du jeu changent du tout au tout. :S

Mais pour un vieux briscard comme moi, évoluer dans un groupe de filles n’a jamais été un problème. Toute mon enfance j’ai pu étudier les codes qui régissent ces tribus d’amazones. Voyez-vous, j’ai été pendant 8 ans pratiquement le seul garçon dans mon école de patin à glace (remarquez je n’ai pas dit « patinage artistique » pour faire un peu plus virile). Au lycée dans ma filière S (scientifique), nous étions quelques pauvres bougres noyés dans une classe de 30 chipies. Étonnant n’est-ce pas, surtout quand on sait que c’est le style de proportion garçons/filles que l’on retrouve exclusivement en filière littéraire. Et maintenant au bureau, je suis dans une équipe d’informaticiens dans laquelle les 2/3 des effectifs ont des seins. Vous avez bien entendu, il y a bien 2 informaticiennes pour 1 informaticien. C’est décidément le monde à l’envers. Alors vous pensez bien que supporter les babillages stridents portant sur la mode ne m’a jamais fait peur. 😮

Attention car le terrain reste miné, on n’est jamais loin de la crise diplomatique. Les alpinistes ont leur baudrier pour s’assurer, les garçons ont leurs règles qu’ils respectent à la lettre:

  Règles à respecter:

  • Ne proférer aucune remarque désagréable sur le physique (nez, poids, fesses, etc), ni même sur la tenue vestimentaire. C’est la règle la plus importante
  • Ne pas balancer des blagues sexistes, ou visant à affirmer votre supériorité face à vos collègue du « sexe faible ».
  • Éviter tout contact physique, même amical. Cela vous évitera tout quiproquos, ou des problèmes de supposé harcèlement.
  • Ne pas laisser échapper de gros mots, ou la moindre petite flatulence. Il est très facile de heurter la sensibilité de ces pauvres petites.

 

Malgré ces règles devant assurer votre survie, d’autres paramètres peuvent venir perturber cette si fragile équation. Je pense à cette maudite période du mois où le moindre détail peut mettre le feu aux poudres. Mais si vous avez atteint un degré de maîtrise vous permettant d’éviter ces nombreux pièges, il vous faudra vous tenir informé au jour le jour de la formation ou de la dissolution des clans internes à votre équipe. Car voyez vous dans un groupe ou la mixité n’est pas respectée, les filles ont une fâcheuse tendance à devenir médisante. Les disputes peuvent partir de la plus simple futilité comme un emprunt de tire-palette, ou un carton oublié dans une allée. Les coups les plus bas sont également permis pour se venger. Ça miaule, ça crache, ça griffe, un peu comme une bande de félins. Miaouh!! 😛

Le secret est de rester neutre à toute querelle interne à l’équipe. De cette manière vous éviterez d’être mêlé à leurs petites histoires qui dans le fond ne regardent qu’elles. Plus j’y repense et plus je me demande comment mon chef de rayon a fait pour ne pas sombrer dans l’alcool. Parfois j’ai l’impression qu’il dirige plus une garderie qu’un secteur du magasin. :'(

Cette semaine j’ai publié deux billets à l’arrache car j’ai été très occupé, mais je tâcherai de me rattrapera la semaine prochaine avec une série de 3 billets sur le thème de la mise en rayon. ^^

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C’est bientôt la rentrée

J’ai eu l’idée d’une toute nouvelle catégorie: « au fil de l’année ». Parce des événements en tout genre, petits ou grands, rythment la vie d’un magasin tout au long de l’année. La préoccupation du moment est l’implantation du rayon des fournitures scolaires. Quand je dis « c’est bientôt la rentrée », la notion de temps est toute relative dans l’univers de la grande distribution. :p


L’illustration est de ~Djoz

Ça me rappelle une conversation il y a 2 ans, pendant la coupure de midi en salle de pause: :/

Tout le monde est attablé en salle de pause

Une caissière parmi tant d’autres
L’autre jour j’ai fait mes courses à censuré (enseigne concurrente), et ils ont déjà installé leur catalogue « rentrée ».

Le chef du rayon « bazar » lâche brusquement sa fourchette. Le pauvre bougre a failli s’étouffer. 😡

Chef du rayon « bazar »
J’ai vu ça aussi. Moi, ça me coupe l’appétit.

La même caissière
On est encore en début juillet, ça me paraît tôt.

Chef du rayon « bazar »
On ne doit commencer le catalogue qu’à la fin du mois. Nous n’avons pas fini d’entendre râler les clients.

Et oui vous avez bien entendu, certaines enseignes installent le rayon des fournitures scolaires dès le début du mois de juillet. Pourquoi pas à Pâques pendant qu’on y est? Et dire que pendant mon enfance les magasins ne le faisaient pas avant le 15 août, mais les règles de consommation ont quelque peu évolué. Maintenant les magasins s’observent, s’espionnent, c’est à qui lancera le premier son catalogue « rentrée ». Il faut être le premier à lancer l’opération mais pas trop tôt sous peine de perdre un peu de chiffre d’affaires. Les concurrents quant à eux ne peuvent que constater qu’ils se sont fait doubler. Mais n’allez pas croire pour autant que les magasins sont libres de le démarrer quand ils veulent, les dates des catalogues sont imposées par leur enseigne. Cela s’applique aussi aux autres évènements comme la foire aux vins, les chocolats de Pâques, et j’en passe. 🙂

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Méfiez-vous des caissières

Dans le dernier billet j’avais évoqué le fait inavouable d’aller faire ses courses chez la concurrence. Mais au fond, quel facteur peut bien pousser un employé à vendre son âme au diable de cette manière? A mon avis, on peut faire porter le chapeau aux caissières. On ne dirait pas comme ça, mais il faut rassembler beaucoup de courage pour oser affronter ses collègues de la ligne de caisse. Vous ne me croyez pas? 😮


L’illustration est de `loish

De prime abord, il est essentiel de comprendre que votre caddie peut révéler énormément de choses sur votre vie privée. Acheter des articles avec 0% de matières grasse signifie que vous faîtes un régime, boire de l’eau gazeuse que l’on est susceptible d’avoir des problèmes de digestion, des bougies et un CD de Barry White que l’on a un rancard. Ça peut faire « clichés » vu de cette manière, mais rappelez vous que les caissières sont majoritairement des femmes. Une femme reste une femme, ça aime les commérages. Des ragots sont si vite lancés, et dans l’heure tout les employés du magasins seront au courant du dernier potin. :S

Quand on connaît le contexte, on se rend compte qu’il devient alors très difficile d’acheter tout ce que l’on veut dans son propre magasin. Vous ne pouvez vous empêcher de rougir quand la caissière scanne vos rouleaux de papiers toilettes? Alors comment supporterez vous son regard si vous aviez décidé d’acheter une boîte de préservatifs ou un magazine cochon? C’est un phénomène aisément explicable. Avec le temps vous avez beaucoup cotoyé les caissières de votre magasin et maintenant c’est comme si elle faisaient partie « famille ». Alors la caissière peut dorénavant symboliser votre sœur, voire même votre mère. 🙁

Malgré cela vous prenez votre courage à deux mains pour acheter votre repas pour la coupure de midi. Mais comme la caissière vous connaît bien et qu’elle est curieuse, elle ne peut s’empêcher d’inspecter et de commenter vos achats: :/

/*Bip de scans en bruit de fond */

Caissière
Oh!! Tu as acheté des tartelettes au citron!!!

Moi
Je ne prends que ce qu’il y a de meilleur. Et puis c’est bourré de vitamines.

Caissière
Dis? Tu m’en laisseras un peu? Je finis dans 10 minutes, on les mangera ensemble?

Moi
Maaaaiiieeeuuuu!!!!

Elle me rappelle mon chat quand je mange de la brioche. Je craque à tous les coups, quoi de plus normal face à un si joli minois.

Caissière
St’eu plaît, st’eu plaît, st’eu plaît!!!!

J’utilise mon joker: je tente de la culpabiliser.

Moi
D’accord! Mais je te préviens, ça fait grossir!!!

Quelle pression insoutenable. Combien de kilos de dessert me suis-je fait raquetter de cette manière en 4 ans? 😀

Plus sérieusement, les employés de la grande distribution disposent d’un énorme avantage: celui de pouvoir faire ses courses tout de suite après le travail sans avoir à se déplacer. Mais pour certains il est important de faire une « coupure » entre leur travail et leur vie privée, alors ils iront voir si les allées promotionnelles sont plus vertes ailleurs. 😉

Blague à part, j’ai de nouveau accès à internet chez moi. J’ai pris les choses en main, réparé la bête comme un grand garçon. J’ai pu éviter 3 semaines d’attente vu la lenteur du FAI à cause des vacances. Maintenant c’est de l’histoire ancienne. 🙂

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Faire ses courses chez la concurrence

Aujourd’hui je voulais briser un tabou: celui de faire ses courses dans un supermarché concurrent. Parce que voyez vous quand je dois aller faire mes courses, j’ai le choix entre aller dans mon magasin à l’autre bout de la ville, ou aller chez la concurrence juste à côté de chez moi. Oh mon dieu quel insupportable dilemme!! Mais comme le prix du litre d’essence est en train de dépasser celui du litre Champagne et que je trouve ridicule un jour de devoir remplacer son jerrican par un Nabuchodonosor. Mais ça c’est un autre débat. Oui donc après mûre réflexion (qui aura quand même duré tout au plus 2 secondes), je décide d’aller chez la concurrence. 🙁

Je précise que des termes désignant de fruits et de légumes vont être utilisés pour pseudonymiser les noms de mes anciens collègues. Il n’y a aucun lien avec un quelconque trait de caractère ou physique, ni même un hasardeux lien de parenté avec un cucurbitacé. 😉

Vous savez ce que c’est, chez la concurrence tout est moins bien que dans son magasin: les rayons sont moins bien remplis, le sol est moins propre, les caissières sont moches, les produits achetés sont moins bons,… Je vous rassure tout de suite, je ne vais pas vous raconter mes courses car je sais que ça n’intéresse personne, alors je vais aller directement au coeur de l’anecdote. Figurez qu’un jour j’y ai fait pas mal de rencontres. 🙂

Au hasard de mes déambulations rayonatoires, je croise Madame Courgette qui est employée dans le même magasin que moi. Elle me voit, fait des yeux ronds grands comme des melons de Cavaillon. Prise de panique elle attrape la première chose qu’elle a sous a main, soit un paquet de papier toilette et fait mime de lire l’étiquette à hauteur des yeux. Des fois que je ne l’ai pas remarqué. Elle vérifie si je suis toujours là, et opte pour une technique plus radicale. Elle se retourne pour s’intéresser de plus près à ce que propose le rayon: des rasoirs pour homme. Je ne veux rien connaître de ses problèmes intimes, et puis çe ne me regarde pas. 😀

Quelques rayons plus loin j’aperçois Monsieur Concombre, lui aussi employé dans mon magasin. Chacun à un bout opposé du rayon, on se juge, on se regarde du coin de l’oeil. Chacun pousse son caddie d’une main ferme et virile. Vroum, vroum!!! A un moment donné, on se croise inévitablement. Ses yeux me disent: « Tu ne m’as pas vu, je ne tai pas vu, on ne s’est pas vu ». D’ailleurs je ne sais même plus qui est cette personne. :S

Les courses finies, je fais la queue en caisse. Et dans la rangée à côté de la mienne, je vois Monsieur Ananas, chef de rayon de mon magasin. Mais qu’est ce qui se passe aujourd’hui? Il y a la caméra cachée? J’ai plus l’impression d’être dans ma grande surface que chez l’ennemi. Monsieur Ananas est, contrairement aux autres endives, totalement décomplexé. On discute, on rigole pour faire passer le temps. Et puis là, je me rends compte qu’il est à une caisse réservée aux habitués du magasin. Oh le traître!!!! 😡

  Blabla bonus

Je voulais faire de la pub pour le site de Miss Julie qui a eu la gentillesse de m’inviter le temps d’un weekend end sur son blog et pour le site Teddy pour m’avoir taggé, mais j’ai de gros problèmes avec internet en ce moment alors je ne pourrai pas faire de capture de leurs sites. Ma box ayant décidé de rendre l’âme hier, et ne pouvant pas surfer comme je veux au boulot, je m’excuse auprès de tout ceux que je visite tous les jours (Miss Julie, Fabienne, Mélusine, Tiboulet, Pim, Caly, Clochette, Clélia, NinieB, et à tous ceux/celles que j’aurais oublié…) car je ne pourrai pas vous laisser de message avant un petit moment. J’ai passé la soirée avec la hotline de mon fournisseur d’accès à Internet qui bien entendu est payante. J’ai pu constater à la charmante voix de mon interlocutrice que mon coup de fil a atterri au Sénégal ou un pays dans le coin. D’un certain côté ça me fait sourire car même si la communication est payante, j’aurais appelé l’autre bout du monde à des tarifs imbattables. Résultat des courses, un technicien va venir constater par lui même l’heure du décès de la bête mais pas avant 10 jours. Oui, 10 jours!!!!!!!!! Mais comment je vais survivre sans ma dose quotidienne de net? J’ai beau être informaticien, je n’ai pas réussi à pénétrer le réseau wifi d’un mes voisins, la honte!! Je vais devoir me trouver des occupations alternatives pour mes prochaines soirées. Qui sait, je vais peut être me mettre à vivre sainement et dormir plus de 4h par nuit. Manque de chance, les films que je veux voir au cinéma ne sont pas encore sortis. Je sens que je vais me refaire des classiques comme « Zelda 3 » et « Yoshi Island » sur Super Nes, lire des tas de BDs, essayer de descendre en dessous des 30 secondes au Rubik’s Cube. En gros je continuerai à faire mon geek. Bon je vous rassure, je continuerai à publier 2 jours par semaine, mais ça ne va pas être facile. Ouin!!!! :'(

 
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L’amour au bout de son rayon

Les beaux jours s’étant installés pour de bon, je voulais aborder un sujet de circonstance comme l’Amour avec un grand H (si vous me permettez l’expression). Ainsi, tout est possible dans une grande surface, même trouver l’amour au bout de son rayon. Encore faut-il pour l’employé qu’il sache saisir l’occasion quand elle se présente. Il peut exister des histoires de cœur entre employés, mais je ne vais m’intéresser à ça. Je vais plutôt vous narrer une aventure qui m’est arrivée, et qui s’est étalée sur une année. C’est certes très personnel mais j’avais envie de vous la faire partager. Je vous promets de la romance en lot de 2 et du coup de foudre en tête de gondole à -25%. Le destin s’était amusé à croiser mon chemin de vie avec celui d’une cliente, au sens simple comme au figuré. Par commodité, je l’appellerai « Mademoiselle C. ». Voila une histoire qui va plaire aux filles, ça je n’en doute pas. 🙂

L’illustration est de ~jedski

Tout a commencé il y a de cela 3 ans, en plein mois de juillet. Cet après-midi là, j’ai croisé dans mon rayon une bien jolie cliente: une brune somptueuse au regard envoûtant. Petite parenthèse, mes goûts en matière de fille pencheraient plutôt vers les brunes, mais ça je sens que tout le monde s’en fout. Il me semble pourtant déjà la connaître, mais je ne me rappelle pas exactement d’où. Je peux vous affirmer que dans une journée de travail, un employé peut côtoyer des centaines, voire des milliers de clients. Alors la probabilité de croiser quelqu’un de sa connaissance est inversement proportionnelle à celle de trouver un hamburger à plus de 1000kCal lors une soirée pour anorexique. Voila que ça me revient, nous étions dans la même classe en école maternelle/primaire. A l’époque j’avais flashé pour elle, et nous avions même vécu une petite idylle. Rien de très sérieux je vous rassure, nous n’étions pas plus haut que 3 ananas je vous rappelle. Pour anecdote et chose assez rare pour être signalée, nous avions redoublé ensemble la grande section de maternelle, non pas par manque d’intelligence pour accéder au CP mais simplement parce que nous avions été acceptés à l’école une année trop tôt. Étant trop timide, je n’ai pas osé l’aborder ce jour là. Et oui je sais, c’est lâche, mais je reste un homme avant tout. Vu la longueur du billet, vous devez bien vous douter que l’histoire ne s’arrête pas là. Mais alors que va-t’il se passer ensuite? 😮

Il n’a pas fallu attendre très longtemps le début du second acte. Ainsi la semaine suivante, alors que je rangeais des arrivages de jus d’orange en réserve « liquides », je l’ai entraperçu à travers les rideaux de la réserve (vous savez ces rideaux transparent en plastique séparant les réserve des rayons). Je ne peux pas rester là sans rien faire, je me décide alors à passer à l’action. Après tout, je n’ai pas envie de le regretter plus tard. Je sors alors de la réserve et commence à réaménager les casquettes des petites eaux. Je fais mine de ne pas l’avoir vu, et puis je me retourne vers elle pour la saluer. Elle ne me reconnaît pas tout de suite, ce qui est vexant je vous l’accorde. Mais après 15 longues années, on peut lui pardonner. On s’échange des phrases de circonstance du style: « que tu as changé! », « qu’est ce que tu deviens? »,… Mais au bout de 2 minutes, on se quitte. Elle n’a pas vraiment envie de parler. je suis un peu resté sur ma faim. :S

Deux semaines s’écoulent, je l’ai presque oublié. Elle fait déjà partie de ces anciens camarades de classe que l’on revoit tous les 10 ans. Mais alors que je range des paquets de pâtes en rayon, une voix féminine me susurre à l’oreille: « salut, comment tu vas? ». Je me retourne, très agréablement surpris. Visiblement elle se rappelle de moi. Nous avons discuté pendant une bonne heure, une heure entière qui m’a semblé magique, limite hors du temps. Comme il n’y avait pas grand monde en rayon, c’était d’autant plus agréable. Sa voix, son sourire, tout me plaît. L’entente entre nous est totale, presque fusionnelle. J’avais oublié de vous préciser, ce qui me fait fondre chez une fille, c’est sa simplicité, ce qu’elle possède par ailleurs. Vous devez être perplexe mais ce sont des choses qui ne s’expliquent pas. Je suis tombé littéralement sous son charme. De plus nous sommes nés quasiment le même jour, et cela se ressent car nous avons exactement le même caractère, la même manière de penser. Le terme âme sœur a rarement trouvé meilleure illustration, j’ai l’impression d’avoir trouvé mon double féminin. Je crois bien que j’ai eu un coup de foudre, c’est bien la seule et unique fois de ma vie que ça m’est arrivé. Le samedi suivant, c’est sa mère qui vient me saluer en rayon, il semblerait que j’ai marqué des points. :p

Les semaines passent, elle devient mon rayon de soleil du samedi. On passe des heures à discuter ensemble en rayon quand elle vient faire ses courses. Nous commencions même à avoir nos petites habitudes, elle passait un peu avant 19h et me rejoignait au rayon de la pâtisserie industrielle. Si je ne la vois pas, limite ça me gâche mon weekend. Alors pour ne pas la rater, un collègue me signale sa présence quand il l’a voit. Au bout quelques mois je me suis enfin décidé à passer à l’attaque. Prenant mon courage à deux mains, je lui propose passer la soirée avec moi. Malheureusement elle prétexte devoir réviser pour ses partiels. J’insiste lourdement, elle cède presque, mais non rien n’y fait. Je pense que c’est à partir de ce moment là que quelque chose entre nous s’est brisé. L’impensable s’est produit: je ne l’ai plus revu dans mon rayon pendant 3 mois. :'(

Le hasard, qui est décidément très joueur, est entré en jeu. Là je peux vous affirmer sans complexe que je n’ai pas été au bout de mes surprises. S’il y a un Dieu sur cette Terre, il a bien dû s’amuser à piloter toute cette histoire pour me faire tourner en bourrique. En parallèle à tout ça, j’ai effectué mon stage de fin d’études dans une ville voisine. Étant étudiant, je ne travaille au magasin principalement les weekends. Ne la voyant plus en rayon, je suis un peu inquiet. Et puis un matin, alors que me rends sur mon lieu de stage en tram, je la vois marcher dans la rue. Par le plus grand des hasards, il se trouve que nous effectuons nos stages respectifs au même endroit. Amusant, n’est-ce pas? Je m’arrête à l’arrêt le plus proche pour lui faire la bise, mais elle n’a pas l’air contente de me voir. Les échanges suivants furent encore moins chaleureux, et ils étaient nombreux. Le weekend venu, cela ne se passait guère mieux en magasin. Elle ne me disait plus bonjour, et même m’évitait. Nous nous croisions très souvent, quoi de plus normal vu le contexte. Trop peut être? Quoiqu’il en soit, nous nous apercevions de temps en temps, le matin dans le tram, à midi au restaurant universitaire, et même dans le même train du vendredi soir qui nous ramenait dans notre ville natale. Le destin est quand même cruel. 😀

A partir de là notre relation est devenue extrêmement complexe, si bien que nous avons vécu des situations totalement invraisemblables comme se retrouver l’un à côté de l’autre dans le tram ou sur le quai de la gare, sans se dire le moindre mot ni s’échanger le plus furtif des regards. Sachez que ce n’est jamais moi qui ai pris l’initiative de me placer à côté d’elle, mais bien elle. Que faire quand mademoiselle C. se pose à un mètre devant nous, de sorte que vous ne puissiez pas la rater. A quoi bon prendre l’initiative de faire le premier pas si c’est pour avoir en retour un échange des plus glacials? Je ne prenais plus la peine de lui adresser quelques mots. Et pourtant, je me rappelle d’un échange de regard. J’étais accoudé à la fenêtre en salle de pause, et elle repartait après avoir fait ses courses. Elle m’a longuement observé, il n’y avait dans ses yeux ni colère, ni côté moqueur, juste de la mélancolie. Mais qu’avait-elle en tête? Parfois j’ai énormément de mal à comprendre les filles. :/

Malheureusement pour moi l’impensable s’est produit. Alors que je sors du bureau sur les coups de 18h, je vois le tram passer devant moi. Elle est assise près de la fenêtre avec un garçon à ses côtés. Je ne pourrai jamais oublier son regard. Elle est très étonnée de me voir, et surtout très gênée. Comme si elle ne nous voulait pas que je voie ça. Le samedi suivant fut le coup de grâce, elle fit ses courses au magasin avec ce même garçon main dans la main. Dorénavant je sais que c’est fini. :'(

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que ça fait deux ans que je ne l’ai pas vu. Il m’arrive parfois de penser encore à elle. Je dois dire que c’est la seule fois de ma vie qu’une fille réveille en moi des telles émotions, comme si je savais intérieurement que c’est LA fille de ma vie. Pourquoi le destin a-t’il voulu que nos chemins se recroisent de cette manière? Que se serait-il passé si j’avais plus insisté ce jour de janvier? Parfois je me demande si je n’aurais pas mieux fait de ne pas lui adresser la parole cet après-midi là. Nos chemins ne se sont pas encore totalement séparés car dans le cadre de mon nouveau métier je travaille avec ses confrères, et elle utilise très probablement l’application que je développe. Ironique n’est ce pas? 🙁

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