Chroniques de supermarché 

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La téléportation d’un rayon ou la physique quantique appliquée aux flageolets

Aujourd’hui vous êtes de corvée de course, alors comme tous les clients vous poussez votre caddie de rayon en rayon. Vous avez vos petites habitudes, avec les années vous avez élaboré votre petit parcours vous garantissant de ne rien oublier: d’abord le pain, puis le lait, vos céréales favorites, et ensuite des légumes en conserves… Mais?!?? Où est passé le rayon des conserves? Pourtant vous n’avez pas rêvé, vous avez toujours acheté vos flageolets à cet endroit, c’est à dire entre le rayon des pâtes et le rayon des chips. Je ne peux que vous conseiller de ne pas paniquer. Il doit très certainement y avoir une explication rationnelle. 🙂

L’illustration est de ~enchantrice

Revenons en arrière, c’est à adire peu de temps avant la disparition des légumes en conserve… :p

« Magasin, frontière de l’infini vers laquelle voyage notre caddie spatial. Sa mission d’une heure: explorer de nouveaux rayons étranges, découvrir de nouvelles promotions, d’autres nouveautés et au mépris du danger, avancer vers l’inconnu. »

« Journal de bord, rapport 1-4-2-5-2. Nous avons pénétré dans la galaxie des légumes en conserve. Le peuple des flageolets de la planète Donbuelle semble être en grande difficulté. Une évacuation vers une planète plus hospitalière semble primordiale… »

/* Générique de Star Trek */

Salle de contrôle de l’Enterprise

McCoy
La puissance de vol continue de tomber, capitaine.

Hikaru Sulu
Nous allons nous mettre en orbite Monsieur, temporairement.

Capitaine Kirk
Allez-y, automation.

Spock
Puissance de sustentation sur orbite pour 3 jours et environ 7 heures.

Capitaine Kirk
C’est plus qu’il nous en faut. Bon, communication! Envoyez un message à la planète Donbuelle qu’un ambassadeur vienne planifier l’exode des légumes par téléportation vers la galaxie Boolenjry.

STOP!! On arrête le délire!!!!

Non, les enlèvements de rayon par téléportation n’existent pas. Certes il arrive que des articles soient déplacés à un autre endroit du magasin, mais cela est extrêmement rare. D’ailleurs je n’ai assisté une seule fois dans ma carrière à un réaménagement total du magasin, mais ce fut suite à un agrandissement. :/

Si ce genre d’opération est désagréable pour le client, il ne l’est pas moins pour l’employé. Bien souvent cela se fait la nuit pour ne pas gêner les ventes. En plus cela nécessite énormément d’énergie: il faut enlever les produits du rayon, en profiter pour nettoyer les étagères, déplacer les articles vers leur nouvel environnement, et refaire l’implantation. Et tout ça avant la réouverture du magasin. :S

Une fois le rayon déplacé, les ennuis ne font que commencer. Nous n’avons pas fini d’entendre des « Mais où sont encore passés les légumes en conserves? », « Çà vous amuse de déplacer les rayons à tout bout de champ? ». Et oui, comme si ça nous amusait, hahahahaha (rire forcé). Et on peut entendre ce style de réflexion jusqu’à un an après la dite opération. Mais bon, on l’entend aussi avec les rayons qui n’ont jamais bougé. 😀

Le prochain billet: Le cycle de vie d’un article

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La super-vision des employés

Il est des métiers qui vous changent un homme à jamais. Les hommes politiques développent la langue de bois, les fonctionnaires l’amabilité, et pour les cochers ce sont les langages fleuris. Les employés de grande surface ne sont pas en reste, leurs activités leur permettent à eux aussi de se découvrir des capacités hors-normes. Pour l’illustrer, je vais m’intéresser une scène d’une banalité affligeante: les courses de Jean-Robert et Mauricette… :p

L’illustration est de ~Cuellar

Tout commence par un après-midi très ensoleillé, et malheureusement pas grand monde en rayon. C’est quand même dommage de de rester enfermer en magasin à empiler des rouleaux de PQ sachant que l’on pourrait être dehors à se rouler dans l’herbe, à gambader au milieu d’un troupeau de boucs. Poouic… pouuiic… poouuiiiic. A force de rêver, j’en arrive à entendre les oiseaux gazouiller. Et bien non, il ne s’agit que du caddie de Jean-Robert et Mauricette qui couine. Vla nos deux tourtereaux qui font leur courses main dans la main. Jean-Robert conduit le bolide, et Mauricette dirige d’une main de fer les opérations: 😀

Mauricette
Va me chercher du café équitable! Et dépêche toi empoté!!

Diantre, quelle femme!! :S

Jean-Robert
Tout de suite mamour.

Le pauvre bougre s’exécute, et part en quête du produit. Si cela peut apaiser le courroux de sa belle… Alors il cherche, il est pourtant dans le bon rayon mais il ne le trouve pas. Mais que se passe-t’il Jean-Robert? On a de la peau de saucisse en promo devant les yeux? Bobonne remonte les manches, ses poings vont peut être parler. :S

Mauricette
Bon tu te sors les doigts du cul nez? Mais qui m’a foutu un incapable pareil!

Jean-Robert
Je ne comprends pas, ils ont sûrement encore changé les produits de place.

Mais qu’est ce qu’il ne faut pas entendre :/

Mauricette
Je te laisse encore 5 secondes sinon c’est moi qui viendre!!

Justement, analysons la situation plus en détails. Sortez vos bloc-notes, je ne me répéterai pas. Le cerveau d’un client normalement constitué (c’est à dire avec un porte-monnaie et un bras minimum pour taper son code de carte bleue) n’est pas conditionné pour analyser efficacement la masse d’informations que son œil lui envoie. Alors il s’attarde à des détails futiles. En réalité voila ce que voit notre Jean-Robert: 😮

Jean-Robert est-il pour autant un incapable? Non, car il ne dispose pas de la super-vision des employés de la mise en rayon. Hé oui, je vais encore parler des surhommes de la grande consommation, ces athlètes surentraînés à force de soulever des boîtes de flageolets à longueur de journée. Donc si notre Jean-Robert avait travaillé dans un magasin, voila ce que ses mirettes auraient analysé: 🙂

En une fraction de seconde, un employé peut déduire la logique d’implantation du rayon, et sans effort!!! Je dois en faire des jaloux. Certes, mis à part faire de la mise en rayon, cette capacité n’est pas vraiment utile. Mais au moins Jean-Robert aurait réussi à gagner le respect de sa douce promise. :/

Le prochain billet: La téléportation ou la physique quantique appliquée aux flageolets

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La cliente « Alzheimer »

Il y a des clients que l’on croise tellement souvent qu’on a l’impression qu’ils font partie intégrante du décor. A croire que l’on tourne un film à petit budget et que l’on manque de figurants. Alors on réutilise les mêmes, on leur rajoute une perruque, on les habille différemment pour ne pas éveiller les soupçons des spectateurs. Limite, si on retire ces piliers du magasin, ce sont les rayons qui seraient prêts à s’écrouler. Mais parfois, leur présence devient carrément inquiétante. :/

L’illustration est de ~CourtneyBrooke

Quand on aligne des boîtes de conserves dans son rayon, on pense à tout et à rien: Qu’est ce que j’ai oublié de ramener sur ma palette? Peut être du cassoulet en lot de 2… Wahoo!! Je t’ai fait un facing du feu de dieu!!!… Oh l’autre là bas, il m’a dévalisé mon rayon « purées »… Ce n’est pas parce qu’on a le nez collé aux étagères de son rayon que l’on ne regarde pas ce qui se passe autour de soi. Parfois, je me surprends à mater les fesses de Rololo pendant qu’il remplit les frigos du rayon surgelé. Puis en observant la foule des clients, on croise le regard de jolies jeunes filles, on jette un coup d’œil au contenu de leurs caddies. C’est alors qu’apparaît cette vieille femme, 70 ans tout au plus, qui pousse péniblement son chariot. Hé, mais il me semble qu’elle est déjà venue aujourd’hui!! Ça y est je m’en rappelle, je l’avais croisé dans l’allée promotionnelle en reprenant mon service à 14h. Ce qui m’intrigue c’est qu’il est presque 17h. Visiblement elle a l’air prend tout son temps. Malheureusement elle s’approche de moi: 😮

Moi
Je peux vous aider?

La vieille dame me tend son catalogue

La vieille dame
Je cherche ces biscuits mais je ne les trouve pas.

Le catalogue est ouvert sur la page des vins :S

Moi
De quels biscuits parlez-vous?

La vieille dame
Vous savez ces biscuits au poisson, j’en ai acheté des boîtes de 5kg le mois dernier. Et puis comme je disais la semaine dernière à Derrick, un tient vaut mieux que deux tu l’auras… Ils n’en vendent jamais par deux les côtes de porc aux flageolets… Mon chat est d’accord avec moi.

Oulah! Elle divague complètement, alors je tente une diversion 😀

Moi
Vous les trouverez sûrement en allée promotionnelle.

Bon allez Marcel Belivaux, sors de ta camionnette! Elle est pas drôle ta caméra cachée. Mais je dois vite me rendre à l’évidence, ce n’est pas un canular. Mamie a repris sa route, le regard dans le vide, mais dans la direction inverse de celle que je lui avais indiquée. Elle est dans sa bulle, et comme elle a vu que j’ai fait attention à elle, elle a ressenti le besoin de parler un peu. Si ça se trouve, vu que ça fait 3h minimum qu’elle tourne dans le magasin, elle cherche peut être la sortie mais n’y arrive pas. Mais bon, les heures passent et elle arpente toujours les rayons sans s’arrêter. Allez savoir pourquoi, j’ai repensé à ce film, vous savez celui qui montre un bus menaçant d’exploser s’il passe en dessous des 50 miles/heure. Et bien là, ça pourrait être pareil mais avec son caddie. J’en ai des idées bizarres parfois. :p

Il est 19h30, le ptit Jéjé et moi faisons une nouvelle beauté à l’allée centrale, et là on voit notre petit bolide qui repasse. A priori, elle n’a toujours pas fait d’arrêt au stand. Elle se rapproche de nous, toujours son catalogue à la main. Mais moi, je n’ai pas envie de me refaire avoir comme la première fois: 😀

Je donne un coup de coude à Jéjé

Moi
Tiens, regarde! Y a ton fan club qui arrive!

Je fuis comme un lâche, laissant le Jéjé en plan devant ses paquets de pâtes 🙂

Jéjé
Quoi???

Héhé, il est trop tard 😮

Bon je sais, ce n’est pas drôle de voir des petits vieux dans cet état. Mais je n’ai pas été formé pour faire face à ce genre de situation. Sincèrement, comment vous auriez réagi comment à ma place? :/

Le prochain billet: La super-vision des employés

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Chients et chats VS handicapés

Il arrive que des associations fassent des collectes dans les grandes surfaces, cela peut très bien être la banque alimentaire ou les restos du cœur. Si on n’y réfléchit bien c’est très logique. Quitte à récolter de l’argent, autant que ça se fasse là où les gens le dépensent. Toutefois, ce plan diabolique d’apprentis capitalistes ne fonctionne pas à tous les coups. Mais avant de commencer, je tiens à préciser que je n’ai rien contre les associations d’aide aux animaux de compagnie, ni contre la société protectrice des handicapés. 😮

L’illustration est de *eirescu

La première fois que j’avais assisté à une de ces « opérations vidage de porte-monnaie », c’était pour empêcher la fermeture un centre de la SPA. Ils ne pouvaient plus financer l’achat de nourriture pour leurs pensionnaires, alors ils avaient organisé des collectes dans une bonne partie des magasins de la région. Tous les ingrédients pour faire fonctionner la remplisseuse à kleenex étaient réunis, alors comment ne pas succomber? Même moi j’ai versé ma petite larme ce jour là. L’opération ayant duré une journée chez nous, ma tâche a été de remplir sans relâche le rayon « chiens et chats » du magasin. Mais face à l’impressionnante demande des clients, nous avions été forcés de poser des pleines palettes de croquettes en allée promotionnelle. Et pour finir, nous avions gracieusement offert de vieux stocks qui venaient à peine de dépasser D.L.U.O. (la Date Limite d’Utilisation Optimale, ou le « à consommer de préférence avant … » si vous préférez). A la fin de la journée, nous pouvions nous vanter d’avoir été soulagés de 17 tonnes de nourriture pour animaux. Associez à cela un chiffre d’affaires record à faire pâlir un rayon liquide en période de canicule et vous obtenez un patron qui est de bonne humeur. Cet exemple illustre parfaitement le fait que ce genre d’opération arrange à la fois les associations et les grandes surfaces. :p

L’année suivante, le même weekend, nous devions assister à la même opération. Nous attendions leur venue dès l’ouverture de magasin avec impatience. En tout cas je m’imaginais déjà bâtir des murs de sacs de croquettes pour sauver le toutou veuf et le chaton orphelin. Mais ce ne sont pas eux qui sont arrivés les premiers. Une association d’aide aux handicapés les avaient devancé et s’était installée bien en vue à l’entrée du magasin. Leur but était simple: vendre des gâteaux. Les bénévoles de la S.P.A., en retard, durent se résigner à occuper le seul espace encore disponible: entre les caisses et la sortie. Une compétition s’apprêtait à avoir lieu devant les yeux ébahis des clients et des employés du magasin. Chacun dans son coin préparait son stand, déployait des affiches annonçant sa noble cause. Des handicapés avaient même fait le déplacement pour vendre des gâteaux. Ils étaient prêts à tout pour attendrir le chalant. Mais qui allait l’emporter? :S

Au final, ce fut un échec sans précédent. Car si on repense à l’organisation mise en place – de la vente à l’entrée, et de la collecte à la sortie – , on peut se rendre compte que quelque chose ne va pas. Et oui, les clients qui rentrent dans le magasin ne veulent pas s’encombrer d’un gâteau pendant leurs courses, et une fois qu’ils sont passés en caisse ils découvrent qu’ils auraient pu en profiter pour acheter un sac de croquettes. D’un point de vue marketing, c’est un gâchis. La charité est un business de professionnels. Et dire qu’ils auraient fallu que ces deux associations échangent leurs places pour que chacune y trouve son compte. 🙂

Le prochain billet: La cliente « Alzheimer »

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Les représentantes en riz

Ce lundi matin là, j’étais venu m’occuper du rayon des pâtes. Non par plaisir, mais quand on est étudiant on profite des trous dans son emploi du temps pour arrondir ses fins de mois difficiles. Mais ce lundi là ne fut pas un lundi comme les autres: le « code 9 » venait enfin d’être levé (au bout de 5 mois, il était temps), et nous venions d’être livrés en riz et en sauce tomate. La mise en rayon est un art qui exige les pires sacrifices, comme se lever très tôt pour que le client découvre ébahi des rayons pleins à craquer à l’ouverture du magasin. Mais à mon arrivé à 6h, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir deux superbes jeunes femmes dans mon rayon… :p

L’illustration est de *Zzanthia

Elles doivent avoir 25-30 ans, ont des allures de commerciales. Elles font de grands gestes en pointant des zones du rayon, tiennent un plan dans les mains. Comme elles sont sur mon domaine, je me dois de les accueillir à ma manière: 😮

Je m’avance en prenant mon petit air de mijoré.

Moi
Vous aussi les pâtes c’est votre grande passion?

Les jeunes filles
Nous sommes les représentantes de Zanpani. Nous allons réimplanter le rayon riz.

Une larme de joie coule sur ma joue. Je suis heureux, non pas que je vais être en charmante compagnie toute la matinée, mais que je n’aurai pas à remplir le riz, ce qui équivaut à environ 1h30 de gagné. Héhé, il n’y a pas de petit profit car rappelez vous, nous sommes lundi matin et que le rayon a été vidé pendant tout le weekend. En plus il faut gérer les arrivages du début de semaine. Le timing est plutôt serré, et on a pas le temps de lambiner. En gros, le planning ressemble plutôt à ça: :S

 
6h – 7h30
 
  Remplissage des pâtes
 
7h30 – 8h15
 
  Remplissage des sauces tomates
 
8h15 – 8h45
 
  Remplissage des purées
 
8h45 – 9h
 
  Pause café
 
9h – 10h30
 
  Remplissage des riz
 
10h30 – 11h
 
  Rangement des arrivages

Mais ne nous égarons pas, le but premier de ces charmantes demoiselles est la réimplantation du rayon riz. Le « code 9 » a provoqué une pénurie sans précédent, nous obligeant à réaménager de manière progressive les produits. Mais au bout de quelques mois, les articles sont placés n’importe comment. Nos 2 nouvelles amies vont remettre de l’ordre dans tout ça. C’est une pratique très courante dans la grande distribution. Elles vont également en profiter pour intégrer quelques nouveaux produits que l’on a découverts récemment sur des spots télévisés. Pour éviter toute dérives éventuelles, mon chef Dada surveille l’opération: :S

Dada les met en garde 😮

Dada
Je vois que vous avez amené un plan d’implantation. Mais je vous conseille de le faire valider par le directeur avant de commencer.

Les représentantes
Ne vous inquiétez pas pour ça.

Elles en ont surtout rien à faire 🙁

Après 2h de sueur et d’efforts acharnés, elles ont positionné les références de leurs marque très en évidence par rapport à celles de la concurrence. On peut dire que c’est de bonne guerre mais cela n’est pas du goût du directeur: :'(

Le directeur entre dans le rayon et va voir l’avancée des travaux

Directeur
Mais vous avez implanté les références n’importe comment!!!

Les jeunes filles

Directeur
Voila le plan que j’ai préparé. Dépêchez vous de réparer ça avant l’ouverture du magasin!

Il fallait s’y attendre, en plus tonton Dada les avait mis en garde. Leur plan devait être validé par Di-eu-recteur. Il est vrai que la logique d’implantation varie selon les magasins, et dans le nôtre les références sont rangés par type de produits (riz complet, riz en sachet,…) plutôt que par marques (ce qu’avaient appliqué les 2 demoiselles). Elles étaient effondrées, alors quand il a fallu rectifier le tir… 😡

Le représentante blonde
Hum…, je viens de me rappeler que j’ai un RDV dans un autre magasin à 9h… humhum…

Le représentante brune
Mais….

Le représentante blonde
Je dois y aller, bon courage!

La blonde s’en va d’un pas rapide, elle se met à courir au loin

Ha elle est belle « l’entraide féminine ». La représentante brune est totalement désemparée. Je l’aurais bien fait pleurer sur mon épaule, mais ça aurait été profiter de la situation. Mais comme j’étais en avance, je l’ai aidé à finir l’implantation. :p

Le prochain billet: Chiens et chats VS handicapés

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Le terrible « code 9 »

Cette semaine sera placée sous le signe du chiffre « 9 ». Oui, j’ai bien dit « 9 »: « 9 » comme les 9 vers d’un neuvain, « 9 » comme « Qui vole un 9, vole un bœuf », 9 comme les 9 nains de Blanche-Neige neige si Passe-Temps et Passe-partout n’avaient pas signé à la dernière minute pour Fort Boyard. Mais plutôt que de polémiquer show-business, je vais me recentrer sur le vrai sujet: « le code 9 ». Et bien le « code 9 » est un terme que j’aurais aimé ne jamais connaître, et ceux qui l’ont déjà rencontré doivent déjà trembler dans leurs chaussettes. A vrai dire, ce n’est pas pour rien si le 9 est très redouté dans la culture japonaise. 😮

L’illustration est de ~lisaia

Tout a commencé il y a plus de 3 ans, je m’en rappelle comme si c’était hier. J’étais avec Framboise dans la réserve épicerie. Oups, j’ai oublié de vous présenter Framboise. Et bien, c’est un peu une routière de la grande distribution. Depuis le temps qu’elle est là, elle fait partie du mobilier. Et puis les kilomètres de cartons de biscuits qu’elle a mis en rayon, je peux vous dire que je n’aimerais pas les faire à pied. Framboise elle a tout connu: les inventaires foireux, les rayons en détresse, la traque des produits périmés. Enfin, bref, tout ce qu’un magasin peut connaître comme crise. Si elle avait fait le Viet-Nam, les Ricains auraient réglé leurs affaires en 2 semaines. Mais je m’égare… Alors ça s’est passé comme ça: :/

Framboise remplit les commandes des pâtes.

Framboise
Aille, les sauces tomates Zanpani et les riz Tulucru basculent en code 9.

Moi
Code 9? Qu’est ce que ça veut dire?

Framboise
Ca veut dire que nous avons un gros problème.

/* Le tonnerre gronde au loin*/ :S

Il y avait dans ses yeux cette lueur que je ne l’oublierai jamais. C’était un mélange de peur et de folie, un peu comme dans le regard de ces prophètes qui prédisent des cataclysmes divins. Bon je vous rassure, rien de tout ça. Mais à défaut d’avoir connu la fin du monde, ce fut plutôt la fin des haricots (ou du riz, c’est vous qui voyez). 😀

Je ne connais pas toute la signalétique des codes d’anomalies d’approvisionnement, mais je vais vous résumer ce que je sais. Alors en en gros quand un produit est en « code 4 » cela indique un arrêt temporaire de livraison (ca peut durer 2 semaines). Pour un « code 9 » ça se gâte: nous sommes confrontés à un désaccord total entre l’enseigne et le fournisseur ad vitam et æternam. :S

Bien qu’il s’agisse d’une petit bras de fer entre nos patrons et nos fournisseurs, ce sont les petits gars du bas de l’échelle qui se font taper sur les doigts. Ouille… :'(

Pendant que je remplis le rayon des pâtes, un client m’interpelle. :/

Le client
Ca fait plus d’un mois que vous n’avez pas de sauce tomate Panzani!!

Moi
Effectivement, nous avons des problèmes de réapprovisionnement.

Le client
Ce n’est pourtant pas compliqué de commander!!!!

Dans ces cas là, il faut garder son calme. :S

Moi
Nous commandons, mais nous ne savons pas quand nous serons livrés. Revenez la semaine prochaine.

Le client
Puisque c’est comme ça, je vais aller à la concurrence!!

Un client qui n’a pas son produit devient grognon, et quand il est grognon il est prêt à tout, même à aller dans le magasin d’en face pour voir si on y est (ou plutôt son paquet de sauce tomate). C’est à cet instant précis que j’ai compris que la journée allait être longue, très longue, et que ce client ne serait que le premier d’une longue série de mécontents. C’est ce qui s’appelle se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Pour vous faire sourire 2 minutes, sachez que cette pénurie a duré 5 mois. 😡

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Faire des études, un sujet tabou?

Dans une grandes surface il y a d’un côté les employés à temps plein, et puis il y a les « autres » (sans aucune connotation péjorative). Quand je dis les « autres », je veux parler des étudiants qui travaillent en parallèle de leurs études (catégorie à laquelle j’ai fait partie) et les surqualifiés qui ne sont là qu’en attendant de trouver un emploi qui correspondra mieux à leur formation. On peut estimer que cette catégorie représente entre 1/3 et 1/2 des effectifs du magasin. Tout ce petite monde arrive à cohabiter ensemble, et plutôt bien je devrais dire. 😀

L’illustration est de ~unangelic

Mais attention, cet équilibre peut se révéler fragile. Il faut quand même que chaque partie se respecte mutuellement, et pour cela il y a des règles. La plus importante d’entre elles consiste à ne pas trop se vanter de faire des études. Non pas que cela génère de la jalousie, mais que ça agace car cela n’intéresse pas forcément les autres. Je me rappelle de cette étudiante qui a commencé à travailler en même temps que moi, il y a plus de 5 ans: 😮

L’étudiante
Moi je suis en 1ère année de droit… blabla… Je fais des études… blabla… j’ai un avenir…

L’employé n’en a rien a faire et le fait savoir. 🙂

L’employé
Et en quoi ça va t’aider à remplir ton rayon?

Elle n’est restée que 2 semaines, ils l’ont fait craquer. Elle faisait sa maline à répéter à tout bout de champ qu’elle était à la fac. Mais entre nous, je ne vois pas ce qu’il y a de si glorieux à être en 1ère année en fac de droit. Alors moi pour maintenir ce fragile équilibre, je me suis plié aux dures lois de ce monde. J’ai donc caché ce que je faisais, car de toute manière tout le monde s’en fiche. Ça donnait ça: :S

L’employé
Tu fais quel genre d’études?

Moi
Je suis glandeur à la fac d’informatique.

L’employé
Ok.

Parmi les étudiants (ou ex-étudiants) que l’on croise, leur niveau d’études s’étend de le 1ère année de fac à bac +2, bac +3, parfois bac +5 et au delà. Un été, j’ai fais la connaissance de 2 doctorantes, comme quoi il n’y a pas de limite. Tous les domaines sont représentés: le droit, la psychologie, les sciences, le sport, la documentation… Ce qu’il faut retenir, c’est qu’ils ne viennent pas travailler dans une grande surface par plaisir, mais plus par obligation. Ce sont principalement des caissières, quelques manutentionnaires et des saisonniers. :'(

Et puis avec le temps j’ai eu mon diplôme. Il fallait bien que ça arrive depuis le temps. Etant parfaitement intégré auprès du personnel non-étudiant, je n’ai plus cherché à cacher mon statut. Alors quand on me demandait ce que je faisais, cela donnait lieu à des situations assez cocasses: :p

L’employé
Tu fais quoi en dehors d’ici?

Moi
Je suis ingénieur en informatique.

/* Silence gêné :S */

L’employé
Dans une école?

Moi
Non, je suis diplômé.

/* Silence très gêné :'( */

L’employé
Tu es au chômage?

Moi
Non, j’ai un boulot d’ingénieur, avec mon bureau et tout et tout.

/* Incompréhension totale 😡 */

Et oui, je suis effectivement ingénieur la semaine. Alors pourquoi conserver ce job étudiant? Tout simplement parce j’aime travailler en grande surface. Mis à part cette incompréhension de la part de mes collègues, et ceux qui rejettent la vérité en persistant à imaginer que je suis toujours étudiant, ils le prennent plutôt bien.

La caissière
C’est toi qui fait des études de médecine?

Moi
Non pas du tout.

La caissière
Tu ne travailles pas dans un hôpital?

Moi
Si, mais je ne suis pas médecin.

Peut être que je la faisais fantasmer du fait que je travaille dans un hôpital, et qu’elle tente désespérément de devenir infirmière. Mais je l’ai recroisé récemment en faisant mes courses et elle m’a ressorti la même question. 😀

Ne sous-estimez pas l’intelligence des employés d’une grande surface car il est fort à parier qu’ils sont plus cultivés que la plupart des clients qu’ils croisent dans une journée. 😮

 Petit message perso pour mon Rololo
Tu as intérêt à passer enfin en 2ème année, sinon je vais venir moi même dans ton rayon te baisser ton pantalon et te donner la fessée devant les clients. 😀

Le prochain billet: Le terrible code 9.

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Je vous fais un prix?

Parmi mes nombreuses occupations, une d’entre elles était particulièrement périlleuse: il s’agit de la vérification du prix d’un article en rayon. Quand une caissière n’arrive pas à scanner un article en caisse, nous nous devons d’intervenir au plus vite pour lui venir en aide. Pour illustrer ce noble art, j’ai eu l’idée vous décrire des situations réellement vécues par moi-même. Ainsi vous comprendrez mieux à quel point c’était un calvaire. 😡

L’illustration est de ~Riannee90

Avant toute chose, il faut connaître l’implantation des rayons sur le bout des doigts, sous peine de galérer et de ne pas savoir où chercher le porduit. Et ensuite, attendre qu’un caissière en détresse se manifeste… 😮

/* DRIIIING (mon portable sonne) */

Moi
Allo?

La caissière
Caisse 6, ça serait pour avoir le prix d’une grande boîte d’haricots verts Donbuelle.

Je vais au rayon des légumes en conserve pour chercher l’article en question.

Moi
1.28€.

La caissière
Merci!

Je raccroche, mais je me rends compte qu’il y a 4 types d’haricots verts: fins, très fins, extra fin et surfins. :S

En effet, ce n’est pas parce que l’on a trouvé un article qui correspond à la description de la caissière que l’on a trouvé le bon. C’est pour cela que l’on doit s’en assurer en demandant le GenCod (code barre à 13 chiffres identifiant le produit, techniquement connu sous dénomination de EAN 13). Mais dans certains cas, ce n’est pas suffisant: 🙂

La caissière
Je n’ai pas le prix d’un vin, un château Machin.

Le rayon vin, c’est complexe, alors je me renseigne.

Moi
Quel type de vin? Bordeaux? Vin d’Alsace? Vin de table?

La caissière
Un côte du Rhône.

Aïe, il y a 3 années pour le même vin. :S

Moi
Quelle année?

La caissière
2005.

Bien sûr c’est la seule année qui n’a aucun prix. Je suis bon pour faire une moyenne des autres vins. 🙁

Malheureusement pour vous, pauvres clients, la détermination des prix n’est pas une science exacte. Quand je suis appelé pour un prix, c’est uniquement en l’absence de mon chef de rayon. Le problème c’est que lui seul peut consulter sur son PC le prix de vente d’un produit. Alors il faut se débrouiller avec les moyens du bord. Mais il est des situations où connaître nos tables de 8 peuvent nous tirer du pétrin: :p

La caissière
Il me faudrait le prix d’une bouteille de coca.

Enfin un article facile, je vais au rayon des softs.

Moi
Quelle contenance? 1.5L? 2L?

La caissière
Euh… 25cL.

Arg, je viens de comprendre que le client à ouvert un lot de coca 8x25cL. D’ailleurs je vois le soi-disant paquet éventré mis en cause. 😀

Moi
C’est 3.48€ les 8.

La caissière
Mais il n’y en qu’une.

Et merde, je vais devoir me taper la division par 8. :'(

Mais parfois cette belle mécanique s’enraye à cause du manque de précision de la part de la caissière. C’est un problème que j’ai souvent rencontré avec les petites nouvelles qui manquent encore d’expérience: :/

La caissière
J’aimerais connaître le prix d’un paquet de biscuits: des petits écoliers au chocolat au lait.

Je trouve facilement l’article au rayon biscuits, mais je vérifie quand même le GenCod. 🙂

Moi
Dicte moi le GenCod, s’il te plaît.

La caissière
3 011360 010322…

Problème, le code ne correspond pas. :S

Moi
Je n’ai pas le même code pour le paquet de petits écoliers.

La caissière
Qui te parle d’un paquet, c’est un lot de 2.

Ha ben c’est malin, comme si je pouvais le deviner tout seul. Il s’agit d’un article en promotion qui se trouve en réalité en allée promotionnelle, soit à l’autre bout du magasin. :'(

Quand la caissière omet de dire certains détails essentiels, on se retrouve vite dans le mauvais rayon. Alors pour ne pas revivre le même cauchemar, on tente de lui soutirer le plus d’informations possible, mais en vain:

Moi
Et elle ressemble à quoi cette boite d’asperges?

La caissière
Ben, elle est jaune… et pas très grande… avec un photo d’asperges dessus.

Dois-je pleurer ou fuir en hurlant à travers les rayons? :S

Moi
Tu es à quelle caisse? J’arrive!

De toute évidence, elles ne connaissent pas toutes le jargon de la mise en rayon: les différents formats (1/2, 4/4, 3/2,…), les packagings (lot de 3, bocal en verre, boîte de conserve,…) , etc… Il faut reconnaître que dans la plupart des cas il est plus simple de se rendre d’abord à la caisse en difficulté pour visualiser soi-même le produit incriminé, et gagner du temps en blablas inutiles. Mais là, on s’expose à d’autres types de problèmes: :/

J’arrive en caisse pour le prix d’une bouteille de vin rouge.

La caissière
Tiens regarde, c’est cette bouteille là.

La cliente
Elle faizait 1€. Z’vais vous montrer!

Elle m’accompagne en rayon en titubant, de toute évidence elle n’est pas sobre. 😀

Moi
Regardez, elle vaut 6.50€!

Voyant son plan échouer, elle tente un dernier coup de poker. :p

La cliente
Z’vous azure que la dernière fois que ze l’ai acheté, elle coûtait 1€.

Vu son état, on va la croire. 😉

On veut faire le malin en allant en caisse, mais on prend le risque de devoir parler en directe avec le client. Si en plus celui-ci est pressé, ça donne ça: =(

La caissière m’appelle alors que je suis au fin fond de la réserve en train de faire du rangement.

La caissière
Dépêche toi, la cliente est assez pressée.

Il y a urgence, alors je cours jusqu’à la caisse. :S

La caissière
Trop tard, elle est partie.

Je crache mes poumons, et en plus tous les clients me dévisagent. :'(

Un client n’aura aucun scrupule à abandonner son article pour prendre la fuite. Mais n’allez pas croire que je ne me venge pas quand l’occasion se présente: :p

Je savoure mon café en salle de pause.

/* DRIIIING */

Je décroche par politesse. 😮

La caissière
Bonjour, c’est pour le prix de…

Je la coupe. 😀

Moi
Je suis en pause!!

La caissière
… mais euh… désolé… je vais appeler quelqu’un d’autre.

La pause c’est sacré, surtout quand la journée dure 10h. 🙂

J’espère que maintenant vous aurez une autre opinion du pauvre employé chargé de retrouver votre prix. Car rappelez vous que cette discipline, qui s’adresse avant tout à des professionnels, demande des mois de pratique pour arriver à maîtriser l’ensemble des situations possibles. Alors soyez indulgent. 😉

Le prochain billet: Faire des études, un sujet tabou?

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Le chat qui voulait devenir épicier

On en croise du monde dans les réserves des magasins: des employés, des fournisseurs, des représentants de marques en tout genre, et même parfois des caissières égarées. Mais dans toute ma carrière, jamais je n’avais été préparé à cohabiter avec ça… :p

L’illustration est de ~Barbudo

De petits indices étaient apparus pendant le week end: des sacs de croquettes pour chats éventrés, le doux fumet de petites crottes dispersées aux quatre coins de la réserve « épicerie ». Mais qui donc pouvait avoir fait cela? Quelle chose avait pu s’installer ici (et plus spécialement dans la réserve « animaux »)? Le coupable était là, près de nous, caché dans l’ombre à nous épier. Nous étions dorénavant sur son territoire. Il ne se fit pas prier, réveillé par notre arrivée il sortit de son coin. Ce monstre n’était qu’un petit chaton, pas plus gros qu’une boîte de petits pois 1/2, âgé d’un mois tout au plus. Comment avait-t’il pu atterrir là? Personne ne le savait. :S

Maintenant nous savions à qui nous avions à faire. Qui sait de quoi cette bête était capable? A la vue des dégâts qu’il avait occasionnés, il fallut prendre les mesures qui s’imposaient: nous devions le capturer. Mais ce fut plus facile à dire qu’à faire, parce qu’un chat, ça reste très agile, et avec sa petite taille il pouvait se faufiler n’importe où. Vous n’imaginez même pas le nombre de cachettes possibles pour un chaton dans une réserve de magasin. Il nous avait fallu deux semaines, je dis bien deux semaines de chasse ininterrompues. Après moult traquenards en tout genre (quand je dis ça, n’allez pas imaginer des pièges compliqués avec des poulies, mais plutôt à base de cartons) et des courses poursuite, nous avions compris que seul la mise en place d’une relation de confiance avec lui nous permettrait de l’approcher. Nous avions essayé de l’ignorer, mais voyant qu’il n’était plus au centre des préoccupations il refaisait vite son apparition. Nous faisions attention de ne pas l’écraser par indvertance, que ce soit en tirant des palettes ou en rangeant des cartons. Je me rappelle de cet instant où j’étais seul en train de ranger une palette de soupes, je l’avais vu apparaître devant moi, sur une étagère, à me regarder avec sa petite tête penchée. Il était mignon à m’espionner, parce qu’un chat ça reste malgré tout très curieux. Et puis pour ne pas qu’il meurt de faim ou de soif, nous lui laissions toujours une portion de boulettes (et pas de la marque la moins chère, s’il vous plaît) avec un peu d’eau. Mais ce fut Céline, la plus douce épicière de l’époque qui réussit à l’amadouer, et enfin, à l’attraper. 🙂

Mais sa capture venu, il fut enfermé dans une cage à oiseau en attendant d’être extradé (nous avions utilisé ce que nous avions sous la main). N’empêche, vous auriez vu la tête des clients quand il avait été trimballé en magasin. Mais comme c’est une belle histoire, il nous faut une belle fin. Il fut adopté par Julien, un employé du bazar, qu’il l’a appelé « John ». Pour anecdote, il a passé une visite de contrôle chez le vétérinaire 3 mois plus tard, et il s’est avéré que John était une femelle. 😀

Le prochain billet: Je vous fais un prix?

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Le facing de cowboy

J’ai décidé de créer une nouvelle catégorie, « vocabulaire », pour vous familiariser avec les termes utilisés dans la grande consommation. Parce qu’un client qui comprend ce que disent les employés de son magasin est un client heureux, et un client heureux est un client qui consomme. Si je dis ça, c’est parce que touche peut être encore des ronds sur les ventes de ma grande surface (à vérifier quand même… :/ ). Alors la 1ère expression que j’ai choisi pour inaugurer cette nouvelle catégorie est « facing de cowboy »… 😮

L’illustration est de ~gaudi3000

J’ai appris ce terme lors de mes premiers samedis. Je m’en rappelle comme si c’était hier… c’était en début octobre, il commençait à faire nuit et le magasin n’allait pas tarder à fermer ses portes. J’arpentais les rayons pour rejoindre mon coéquipier des samedis soir: Monsieur N. Mais où est-il passé? Sûrement encore à traîner dans l’allée promotionnelle. Mais qu’est-il en train de faire à remettre en place les boîtes de corn-flakes??? 😡

Moi
Qu’est ce que tu fous encore? C’est l’heure d’y aller!

Un buisson se met à rouler dans l’allée promotionnelle, désertée par les clients ayant abandonnés leurs caddies.

/* Air de musique « Man with an harmonica » */

Monsieur N., dit « Michael »
Tu vois ça petit? Ca s’appelle du « facing de cowboy ».

Ses doigts se crispent au niveau de sa ceinture, prêt à dégainer son telxon. :S

Moi
Gloups!!

Le « facing de cowboy » voyez vous, c’est un peu comme un duel entre l’employé et son rayon. L’employé sus-nommé met sa réputation en jeu, il n’a pas le droit à l’erreur. S’il remporte la bataille, son rayon paraîtra aussi plein qu’un ivrogne après une soirée au bar. Donc comme vous l’aurez compris, le « facing de cowboy » consiste à donner l’illusion au client qu’il se trouve face à un rayon plein en réavançant les articles au bord du rayonnage, alors qu’en réalité il ne contient que 3 paquets de pâtes et quelques packs de bières. Un vrai travail d’illusionniste, je vous dis. A ce petit jeu j’étais devenu un expert. :p

Cette pratique extrême (cascade de la mise en rayon?) est réalisée par des professionnels, sans filet s’il vous plaît, à des moments très stratégiques: les samedis soirs (car personne ne fait de la mise en rayon juste avant l’ouverture les dimanches matin), et pour les allées promotionnelles le week end de pâques et en fin d’année. Mais peut être avez-vous fait l’amer expérience d’avoir tenté d’acheter des chocolats de Pâques à la dernière minute? Et qu’avez vous découvert dans l’allée promotionnelle? Une façade de reste d’œufs de Pâques dont personne n’a voulu: des œufs Barbie, Action Man et autres curiosités censées plaire aux enfants, et tentant vainement de faire de l’ombre aux plus traditionnels lapins/cloches en chocolat. Et oui, c’est ça aussi le « facing de cowboy », faire vendre les invendus. Mais ça c’est une autre histoire… 🙁

Le prochain billet: Le chat qui voulait devenir épicier. 😉

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