Chroniques de supermarché 

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Les opérations « Three-Three-Three »

Il est des pratiques honteuses à laquelle on s’adonne dans les grandes surfaces, des dérives comportementales que l’on hésite à dévoiler, même à ses meilleurs collègues. Parmi celles-ci, je repense aux opérations « 3-3-3 ». Ces pratiques me concernaient moi et mon ami Sergio, le vigile le plus apprécié du magasin. Excuse moi mon Sergio de révéler au grand jour cette affaire, mais avec les années les remords auront eu raison de moi. Et puis bon maintenant il y a prescription, je ne chercherai pas de circonstances atténuantes pour altérer votre jugement. Certes il y a des jolies plantes en magasin (Julie, Superginie, et Jo), nous n’avions vraiment pas de raison de regarder les autres filles, mais voila comment c’est arrivé… :S

L’illustration est de ~anemotionalfailure

Un vigile, quand ce n’est pas derrière ses écrans à regarder « télé magasin », ça tourne en rayon, ça cogite, et après on s’étonne que ça veuille faire la peau aux Arsène lupin en papier qui tentent de cacher leurs butin dans leur veste. Il faut reconnaître qu’il y a de quoi devenir fou. Combien de km as-tu parcourus à pied mon Sergio? Combien de fois es-tu repassé devant mon rayon, à soupirer, à t’arrêter pour discuter quelques minutes? Et oui, pour un vigile, une journée de travail de 12h, c’est long. Alors quand en plus il ne se passe rien, la journée devient interminable. :'(

Et puis les beaux jours arrivant, les demoiselles qui se baladent dans les rayons sont de moins en moins vêtues. Pour certaines cela devient presque indécent. Sergio et moi étions amusés par ces jeunes filles. Vous savez, celles qui n’ont rien à cacher, pas vraiment belles mais surtout vulgaires. Nous avions alors décidé de monter l’opération « 3-3-3 » (prononcez « Three Three Three » en rapport à mon numéro de poste de portable). Les pouffes n’avaient qu’à bien se tenir. N’y voyez surtout pas une façon de se rincer l’œil, mais plutôt une manière de se moquer de ces pintades. C’était presque devenu un concours: à celui qui allait trouver la plus ridicule. Quand il en trouvait une (soit par le biais de la vidéo-surveillance, soit au cours d’une ronde en magasin), il lui suffisait de me donner un coup de fil pour me tenir au courant: 😀

Mon téléphone sonne alors que je suis en rayon. Je décroche:

Moi
Allo!

Sergio
Une dinde au rayon « lessives ». Je répète, une dinde au rayon « lessives ». Elle va tourner vers le rayon « chaussettes ».

Aucune ambiguïté possible, on en tient une. 😮

Moi
J’arrive!!

Je raccroche, j’ai comme qui dirait un prix à vérifier au rayon « lessives ». 🙁

Ces choses ne pouvaient se faire que quand mon chef me laissait son portable, condition à respecter pour que Sergio ne se trompe pas de destinataire en appelant le poste « 3-3-3 ». Il ne nous restait plus qu’à nous mettre d’accord moi pour démarrer l’opération. Quand on se croisait, on s’échangeait la phrase clef « Three-Three-Three » suivi d’un petit clin d’œil en signe de confirmation. Et c’était parti.

Cette anecdote vous aura montré une de mes nombreuses pratiques insolites pour égayer mes journées de travail. :p

Le prochain billet: Le facing de cow-boy

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Les enfants

Il est des jours dans la semaine où les parents ne peuvent pas se débarasser de leurs chiards charmants bambins pour faire leurs courses. Les raisons respectent une logique implacable: pas d’école, pas de nounou, un goût prononcé pour faire les courses avec des cris dans les oreilles,… Malheureusement pour moi, le samedi en fait partie. En général, la présence d’enfants ne me pose pas de problème. D’habitude ils courent un peu partout, font pas mal de bruit, mais tant qu’ils me foutent la paix pendant ma mise en rayons, ça me va. Mais bon, ce n’est pas toujours le cas. :S

L’illustration est de *pyromaniac

Il y a les curieux, ceux qui vous tirent le t-shirt en vous demandant: « Dis, tu fais quoi msieur? ». Ceux là sont attendrissants. La mère (oui car dans la très grande majorité des cas, le père ne participe pas aux courses) est toujours un peu gênée et lâchent un « Mais laisse le monsieur tranquille!!! ». Je me contente de sourire. Et puis ça donne un peu l’impression que quelqu’un a fait attention à moi, contrairement à tous ces clients sans âmes. ^^

Il y a les serviables, ceux qui vous aide à remplir votre rayon. C’en est presque indécent d’avoir recours à de la main d’oeuvre si jeune, si docile (et bon marché?). Si ça les amuse tant que ça, je peux les faire embaucher. :p

Mais tous ne sont pas gentils et mignons. Certains rayons que je qualifierai de « rayons sensibles » sont soumis à des tensions maximum les samedis. Les probabilités de caprices frôlent celui de voir un reportage sur les collectionneurs de boîtes d’allumettes au journal de 13h de Jean Pierre Pernaut. Ces rayons sont ceux des bonbons, des biscuits et aussi du chocolat. Les parents y font preuve d’une patience exemplaire. J’en reste très souvent admiratif. Voici une publicité qui illustre parfaitement les crises possibles. Je vous assure que c’est à peine exagéré. :'(


Comme dirait mademoiselle M. dans mon bureau: « Ce gamin est un contraceptif à lui tout seul ». 😀

Il y a les insupportables, ceux qui s’amuse à grimper sur vos cartons ou qui joue avec votre tire pallette. Il faut savoir que les règles de sécurité exigent de baisser la pallette au sol pour ne pas risquer d’écraser les pieds des clients. Mais dans ce genre de situation, c’est toujours délicat de réprimander le vilain garnement quand les parents ne veulent pas s’en charger. 🙁

Il y a les enfants malades, ceux pour qui auraient mieux fait de rester chez eux. Je me rappelle de ce gamin, âgé de tout au plus 3 ans, assis dans le porte-enfant d’un caddie. Il n’arrêtait pas de tousser pendant que sa mère choisissait ses paquets de biscuits. Jusqu’à ce qu’un bruit et une odeur désagréable viennent troubler tout ça: un peu comme une salade de fruits que l’on verse sur le sol, mais avec des senteurs boisées. Il venait de … hhhuumm… vomir. L’objet du délit, une flaque s’étendant quand même sur toute la largeur du rayon, ne décourageait pas les autres clients de rouler dessus. Imaginez mon bonheur quand j’avais dû annoncer en personne à l’employé en charge du nettoyage qu’une surprise l’attendait dans le rayon. Lui qui est un peu feignant sur les bords… 😡

Il y a aussi les « réactions en chaîne ». Il est fréquent d’entendre un bébé hurler dans le caddie de ses parents. Ce n’est pas très grave me direz vous, mais voila que dans le rayon d’à côté un autre bébé prend le relais, et ainsi de suite. Heureusement que cela ne s’étend pas à tout le magasin. :/

Pourquoi ce billet? Parce qu’un chiard charmant bambin a fait une démonstration renversante de sa puissance vocale en rayons, et sa mère est allée régler ses courses à la caisse de … Superginie!!! Qui ce matin là faisait un peu la gueule… 😮

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L’inventaire

Mon dernier mois dans ma grande surface est rempli de « la dernière fois que… ». Cette semaine, j’évoquerai « la dernière fois que j’ai fait un inventaire ». Voila le résumé de ce samedi pas comme les autres… 🙂

L’illustration est de ~fadaises

Alors voila, je travaille 10h chaque samedi avec une amplitude de 12h (maximum légal), soit de 8h du matin jusqu’à 20h le soir (la pause de midi allant de 12h à 14h). Si vous arrivez à suivre c’est déjà pas mal, parce que moi parfois j’ai du mal. Mais bon, le problème est que je suis inscrit pour participer à l’inventaire de mon magasin, qui commence à 20h le soir. Après un savant calcul, mon chef adoré m’a demandé de décaler le début de ma journée de travail à 14h. Oula!!! Mais qu’est ce que c’est que ce patacaisse? Ca veut dire que je vais finir vers les 2h du matin!!!! :'(

Bon c’est pas grave, je me dis que je vais pouvoir faire la grasse matinée, ce qui en soi n’est pas si mal. Je me couche tard, très tard même, et je suis réveillé par un coup de téléphone de mon chef à 9h30. Il me demande de commencer plus tôt. Aille, ça commence mal tout ça. Et me voila parti pour mon magasin… :S

Arrivé sur place, je comprends que la seule raison de ma présence et d’être de permanence jusqu’à 17h pour toute l’épicerie. En gros tout le monde se repose pour ce soir, et moi je suis là pour assumer tout seul les problèmes éventuels: problèmes de prix, problèmes de stocks, …

Bon j’aime bien être seul, ça ne me pose pas vraiment de problème, mais là, jour d’inventaire, c’est une toute autre histoire. Ce jour là, les rayons doivent tenir jusqu’au prochain remplissage (qui aura lieu lundi matin). Et pourquoi me direz vous? Tout simplement car un inventaire se fait en 2 étapes: on compte d’abord les stocks en réserves, et ensuite on compte les stocks en rayons. Pour info, la réserve a été comptée la veille, ce qui signifie que l’on a plus le droit d’y toucher. Et c’est la que la situation devient périlleuse pour moi. Les samedis, les rayons se vident très très vite. Quand un client me demande d’aller chercher ce qui manque en réserve, je dois lui demander de patienter jusqu’à lundi. Et puis un autre détail amusant: ce jour là est aussi le dernier jour de la promotion en cours. Là je ne peux pas demander au client de repasser lundi, mais je lui indique de passer commande à l’accueil. C’est le seul moyen pour lui d’avoir le produit tout en profitant de l’offre promotionnelle. Il faut faire preuve de beaucoup de sang-froid et de diplomatie, car les clients ne sont pas toujours compréhensifs. Je n’ai perdu personne en cours? Ouf… 😮

Avec tout ça, mon chef m’a trouvé une autre occupation: nettoyer les reglettes des prix de toute l’épicerie. A croire qu’il m’en veut. Autant vous dire que je n’ai pas eu le temps de tout faire!! Pour info, j’ai estimé que la longueur totale à nettoyer se situe entre 1,5 et 2 km. 😡

Ca y est il est 20h, le magasin ferme, l’inventaire peut enfin commencer. Nous sommes assez nombreux: 60 employés et 60 intérimaires (120 personnes tout de même!!). Comme je suis bête et discipliné, je vais dans le rayon qui m’a été assigné sur les fiches d’inscription: les eaux. Mais mon chef n’est pas d’accord, il veut que je compte l’allée promotionnelle et les rayon petits pots pour bébé et chocolats. Ce n’est pas pour me déplaire car il y a principalement des intérimaires femelles. En gros comment ça se passe un inventaire? Chacun a en charge une portion de rayon (délimitée par la longueur des reglettes, soit une longueur d’environ 1m), il y compte le nombre d’articles pour chaque référence et colle un post-it avec le total à côté du gencode. Petite anecdote au passage, j’ai compté 164 packs de 1664 (sans commentaire…). Quand le rayon est entièrement compté, chaque produit est scanné avec sa quantité. Ensuite il ne reste plus qu’à retirer tous les post-it et replacer les produits correctement. Sacré boulot tout ça, surtout sur tout un magasin!! :p

Cette année les intérimaires sont très jeunes pour la plupart. Peut-être est-ce dû au fait que la rentrée universitaire n’a pas encore eu lieu. Les chefs veulent que l’on se tienne correctement face à eux, pour maintenir une certaine image de marque. Mais j’ai adoré la manière avec laquelle Rololo s’adressait aux jeunes demoiselles quand il devait se faire aider: « allez viens ma mignonne, fais pas ta timide!! ». J’en profite pour laisser un message à l’intention de ceux qui étaient avec moi au collège: il y avait Mickaël!!!! D’ailleurs ça me faisait de la peine de le voir se faire gronder quand il faisait n’importe quoi. :/

A 23h30, je suis enfin libéré. Je peux rentrer chez moi m’effondrer sur mon lit après avoir enduré 13h de torture!!! Encore que cette année ils se sont bien organisés. J’avais fais 3 journées successives de 5/6h-17h en mars de l’année dernière, uniquement pour le comptage de la réserve. En tout cas, ce ne sont pas les inventaires qui vont me manquer après mon départ… 🙁

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Ma démission

Après avoir mûrement réfléchi (ça faisait plus de 6 mois que ça me démangeait, quand même), je l’ai mis à exécution!! C’est la première chose que j’ai fait samedi dernier en arrivant un peu avant 8h dans ma grande surface. C’est d’un pas décidé, je suis entré dans le bureau du grand directeur,… 😮

L’illustration est de ~sickeningpessimist

Je lui ai posé ma lettre de démission sur la table avec 1 mois de préavis, après plus de 4 ans et 3 mois de bons et loyaux services. Je lui ai pretexté la fin de mes études pour le mois de septembre, que je venais de trouver un boulot dans mon domaine de compétences. Après tout, je l’aime bien mon directeur, il ne m’a jamais embêté pendant mon CDI. D’ailleurs c’est grâce à lui que j’ai pu acquérir mon indépendance financière à mes 20 ans, et vivre dans mon studio (loin de mes parents!!). Halala, s’il savait… :S

En réalité, les vrais raisons de mon départ sont tout autres. Cela fait un an que j’ai fini mes études, et que je travaille en tant qu’ingénieur en informatique en semaine. Je dois être LE SEUL ingénieur en France (au monde aussi?) à faire de la mise en rayon avec un job à temps partiel le week end. Je viens de passer une année entière à me taper plus de 50-60h/semaine, sans avoir encore posé une semaine de vacances dans ma SSII. Maintenant je n’aspire plus qu’à revenir à des horaires décents, enfin profiter des 2 jours de week end, ne plus passer mes dimanches à comater (oui, je fais très souvent une sieste de 14h à 19h). :'(

Vous avez encore 1 mois pour me voir en tenue de travail « ******* », car à partir de fin septembre ça sera fini. Ca me fait bizarre de mettre fin à cette expérience humainement très enrichissante. La décision n’a pas été facile à prendre. Je me dis que c’est une bonne chose, je laisse ma place à Ptit Data, le fils de Tonton Dada, mon chef de rayon (je les apprécie énormément). Il recherchait un job étudiant pour septembre, il en aura plus besoin que moi. :p

Mon départ marque la fin d’un époque. Je rejoins la liste d’employés très sympathiques qui se sont déjà envolés ailleurs: Laurent, David, la Fouine, Nicolas, Céline(s), Isabelle, Julien(s), Nathalie, Virginie, et j’en ai sûrement oublié plein d’autres… :/

Ce samedi, non seulement je me sentais soulagé d’avoir démissionné, mais en plus j’apprenais que Ptit Biscuit est enceinte!! Décidément, que de bonnes nouvelles!!!! 😀

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L’heure de vérité

Après un trop long moment d’absence, j’ai décidé de vous surprendre. Comment me direz-vous, vous qui n’êtes pas facilement impressionnables? Et bien voila, dans mon infinie bonté, je vous autorise à me poser n’importe quelle question. Oui j’ai bien dit VOUS, collègues de ma grande surface, mais aussi vous visiteurs habitués de mon blog, et vous inconnus, à me poser toutes les questions (que j’espère nombreuses) que vous voulez. :p Ne soyez pas timides, faîtes preuve d’imagination. N’y a-t’il pas de secrets que désirez que je vous révèle? Des rumeurs à éclaircir? Des mystères qui vous turlupinent? Tous les thèmes (même tabous) ayant attraits à ma grande surface peuvent être abordés, et je n’y appliquerai aucune censure. 😮

Je m’engage à rédiger en temps voulu un billet répondant avec franchise à toutes vos questions. Je compte sur vous… 😉

P.S.: j’en profite pour rendre à hommage à Sergio et Nicolas, deux vigiles que j’estime beaucoup, et que nous ne reverrons malheureusement plus dans les allées de ma grande surface. Vous allez terriblement me manquer. :'(

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Les caissières en salle de pause

Tout le monde connaît le visage que les caissières veulent nous montrer à leurs caisses: présentables, aimables, souriantes. Mais qu’en est-il dans la salle de pause? Loin des regards de la clientèle 😀 . Pourquoi parler de ça? Tout simplement parce que la plupart des employés que je cotoie en salle de pause les samedis sont des caissières. Pour ma propre sécurité, je ne citerai aucun nom. Sachez mesdemoiselles qu’il faut avant tout considérer ce billet comme un hommage :S . Vu que je n’aurai pas l’occasion de vous voir ce week end…

Une caissière est avant tout un être humain. Elle effectue des horaires parfois assez pénibles, est obligée de rester souriante face aux clients. Alors quand vient la pause, c’est pour elle une délivrance. Elle peut profiter de ses quelques minutes de liberté pour décompresser un peu. Elle fait pipi (on peut l’entendre courir du bout du couloir quand ça devient urgent), boit un café, va fumer, ou bien sinon fume, boit un café, va pisser ou même fait toutes ces choses en même temps (cela dépend surtout du nombre de minutes de pause dont elle dispose et de ses priorités). J’avoue que je profite du moment qu’elles passent en salle de pause pour discuter avec elles. Il m’arrive d’offrir le café aux petites nouvelles pour faire connaissance 🙁 .

Una caissière a aussi une vie en dehors du travail. La plupart sont étudiantes, et je suis devenu pour certaines leur confident du samedi. Arrivé le mois de juin, elles attendent les résultats de leurs examens. Elles sont parfois en proie de doutes et d’incertitudes quant à leur avenir. Je pense à cette jeune caissière qui m’a avoué avoir foiré son BTS, et qui m’explique qu’elle aimerait trouver un homme ayant une bonne situation pour l’entretenir, le tout en me faisant des clins d’oeils. Comment dois-je le prendre, sachant qu’elle connaît ma double vie :/ ?

Une caissière reste avant tout une fille 😡 . Certaines ont rendance à être très bavarde. Je connais un spécimen dans mon magasin qui parle sans arrêt en salle de pause (et aussi en caisse 😀 ), mais on l’aime bien quand même. Mais il y aussi celles pour qui ça devient pénible. Je me rappelle d’un jour où je discutais avec une collègue assis à une table, une caissière s’est assis entre nous et s’est mis à nous débiter tous ses problèmes!! Elle s’assit souvent à côté de moi en pause, mais moi je ne lui adresse jamais la parole, elle m’enerve 😮 . Mais bon qui dit bavardes, dit rumeurs. Elles circulent également très vite entre elles. La semaine dernière, l’une d’entre elles m’a dit pour m’aborder: « C’est toi qui travaille à l’hôpital de Grenoble? T’es infirmier, c’est ça? » ='( . Ouais je sais, c’est toujours impressionnant au début quand on ne s’y attend pas.

Une caissière a aussi un estomac. Quand vient midi, la plupart d’entre elles passent leur coupure à se détendre en pause, et manger! Il y a celles qui avalent n’importe quoi (chips, hamburgers…) et qui ne prennent pas un gramme, et celles trop obsédées par leur ligne et qui ne mangent que des carottes râpées. Mais il y a aussi les gourmandes qui se laissent tenter par du chocolat 😉 . Les échanges deviennent possible avec mes desserts (tartes aux citrons, tartes aux noix,…) 🙂 .

Après tout, une caissière est comme vous et moi.

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Gérer les crises

Il est samedi après-midi dans ma grande surface préférée. Un appel micro se fait entendre parmi les hurlements de petits merdeux faisant des caprices auprès de leurs mères. J’ai l’honneur d’être appelé en renfort à l’accueil. Je m’empresse d’y aller car c’est toujours l’occasion de s’amuser un peu. Madame S. m’attend avec impatience. Je dois dire qu’elle me fait bien triper cette caissière. Je la considère un peu comme une extra-terrestre. On se demande souvent si elle vient de la même planète que nous. Elle Je m’approche du bureau d’accueil. Il est entouré de pervers, chacun possédant soit un article, soit un catalogue entre les mains. C’est un lieu où la tension est extrême. Il ne faut faire aucun geste brusque. J’entre dans l’arène, certains commencent à me tendre leur catalogue, on se bouscule pour me poser des questions. Mais non mon public, je ne suis pas venu pour vous… ^_^



Madame S. m’explique que le client derrière elle a amené quelque chose d’assez repoussant. Je cite ses propres termes: « Je préfère rester à 2 mètres de distance, l’odeur m’a dégoûté, j’en ai la nausée ». Je vois le jeune homme, et le dit « article »: une boite de 24 oeufs -_-‘. Encore un client qui veut nous faire croire qu’il a acheté un produit périmé le matin même, mais là c’est un peu gros. Ca me rappelle la cliente qui a ramené son morceau de viande avec les asticost, ou celle qui nous a ramené son pot de confiture qui était en pleine mutation. Je décide de faire le courageux. Je bombe le torse et m’approche du client et de sa chose. Je prends une voix grave et assurée: « Voyons ça de plus près ». Surprise, la date de consommation a mystérieusement été effacée. Nous pouvons seulement savoir qu’ils sont consommables en 2007. C’est vague. Madame S. me glisse au dessus de mon épaule: « Je pense qu’il faudrait vérifier les dates sur les oeufs eux mêmes ». Elle ne pouvait pas se la fermer? Bon, je soulève la protection en plastique o_O. Oh mon dieu!! Ca fouette!! J’en ai les yeux qui pique, c’est un coup à devenir aveugle. Je décide de sortir mon joker. Madame S. n’a pas encore compris en 3 mois la différence entre les produits frais et l’épicerie. Les oeufs font partie des produits frais. Etant un épicier, ce n’est pas à moi de m’occuper du problème.

Oui je sais, je suis un lâche. Et alors!!

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La cave

Samedi matin la nouvelle est tombée comme un couperet. J’ai eu l’immense honneur d’avoir été désigné avec monsieur J. pour vider la cave de ma grande surface favorite. Il s’agit des caisses de vin restantes de la dernière foire aux vins…

L’accès vers cette cave se fait par un petit escalier, une dizaine de marches à descendre, un couloir qui tourne à droite, puis enfin à gauche. Et voila!! C’est une pièce (que dis-je, un couloir qui ne mène nulle part) de 50m de long, 1,5m de large et 1,7m de hauteur o_O. Ils auraient dû faire appel à une équipe de nains, eux au moins ils auraient été qualifiés (n’y voyez pas là de la dicrimination positive). Des ampoules sont placées tous les 5m, et certaines ne fonctionnent plus -_-‘. Détail amusant, la cave se situe juste en dessous des caisses, et on peut entendre tout ce qui se passe en dessus ^_^. Les caisses de vins (une bonne centaine) sont entreposés le long d’un côté tout au fond de la pièce. Le responsable liquide nous présente les caisses dites « sensibles ». Du Dom Perignon (environ 120€ la bouteille), des sauternes de vingt ans d’âge (dont le prix oscille entre 200 et 300€ la bouteille), et un dernier vin dont je n’ai retenu que l’étiquette: un mouton qui semble avoir été dessiné par un gamin de 5 ans. J’ai omis un détail, les caisses sont en bois, et contiennent toutes 12 bouteilles -_-‘. L’évacuation peut comencer.

Etape n°1: descendre un tire-pallette en bas. L’idée est d’entreposer les caisses dessus pour les amener au moindre effort et plus rapidement vers l’escalier. Descendre le tire-pallette a été… bruyant, et fatiguant. Ca doit peser dans les 100kg, mais ce n’est pas du tout conçu pour être transporté à mains nus. La solution la plus efficace a été de laisser descendre tout seul comme un grand garçon. \o/

Etape n°2: remonter les caisses. Une fois au bout de la cave, il y avait toujours un con pour éteindre la lumière. On se sentait seuls, monsieur J. et moi avec notre petite lampe de poche. Déjà que l’endroit est glauque, et ce n’est pas l’obscurité qui va arranger les choses. Une fois remis au travail, un obstacle et non des moindres reste à franchir: l’escalier. Remonter toutes les caisses à la main (qui doivent peser dans les 10kg) est rigolo au début, mais fatiguant à la longue. Comme monsieur J. est un lâche, il me laisse le soin de m’occuper des caisses à 3000€. Je revois encore le responsable liquide transpirer à grosse gouttes en me voyant les porter, et laissant échapper des « Ca va aller? Fais attention!! ».

Etape n°3: remonter le tire pallette. Autant le faire descendre fut simple, mais bruyant. Autant le remonter fut un exploit. Je me suis souvenu qu’il est plus facile de monter un frigo du rez-de-chaussée vers le 7ème étage d’un immeuble sans ascenceur (vécu du temps où j’ai été déménageur). On aurait dû le laisser en bas dans ces oubliettes, il s’y sentait bien finalement -_-‘. Personne ne se serait rendu compte de son absence avant lundi. Messieurs S. et E. les vigiles étaient bien là pour nous voir en chier, mais aucun ne nous a aidé, les traîtres.

Le bilan a été plutôt positif: avoir passé la matinée en compagnie de crus classés, utilisé un tire-pallette dans des conditions extrêmes… Et surtout j’ai pu éviter de m’occuper du maudit rayon chiens et chats pendant quelques heures. \o/

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Les rumeurs…

Les dessous d’une grande surface peuvent s’apparenter à celui d’une cour, avec ses intrigues, ses secrets, ses rumeurs, ses rivalités pour le pouvoir. Bien que je n’y sois qu’un jour par semaine, je suis bien plus au courant des potins que beaucoup d’autres employés à temps plein. Il serait facile de mettre cela sur le compte de mon ancienneté. Je parle avec tout le monde, peut être un peu trop. Comme diraient mesdemoiselles J. et A., j’ai une tête qui donne confiance. On se confie facilement à moi. Dois-je le prendre comme un compliment? On me prend pour la bonne copine à qui on raconte tout, c’est ça??? Quoiqu’il en soit, cela n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Huggy les bons tuyaux n’a qu’à bien se tenir…

Chaque samedi matin, la méthodologie de collecte des derniers ragots est toujours la même. Je sors des vestiaires, et parcourt les rayons du liquide jusqu’à l’allée centrale. L’opération est intense, mais ne dure pas plus de 5 min. J’y croise mes indics (principalement des femmes, allez savoir pourquoi ^_^) pour être mis au courant des dernières infos croustillantes. Ma phrase fétiche est la suivante: « Alors quoi de neuf cette semaine? Qui a couché avec qui? ». D’habitude rien de bien passionnant: dernières disputes entre filles, liens de parenté ou autre entre des employés et des chefs (très important pour ne pas dire des conneries), et plein de détails bien moins avouables… Mais samedi dernier, le scoop est tombé: Yvette a couché avec Jean-Rémi o_O. J’ai décidé de préserver leur anonymat afin d’éviter qu’ils ne soient en couverture d’un magazine à scandale. Voila, maintenant vous êtes courant. La source qui m’a refilé l’information est une source que je considère comme fiable (taux de confiance > 0,93), ce qui est loin d’être le cas de tous les employés du magasin. Mais là nous risquons d’entrer dans un terrain sensible… -_-‘

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L’épicerie: des rayons à risques…

Bien qu’en ce moment je passe mes journées dans la peau d’un obsédé SQL (comprenez là que je travaille beaucoup avec des base de données -_-‘), je trouve encore le courage d’écrire quelques lignes syntaxiquement compréhensibles par le commun des mortels. Aujourd’hui j’aborderai un sujet roulé sous les aissellles, avec de la testostérone en lot de boîtes de conserve 3×1/2 (dont 10% en tickets Leclerc): la DANGEROSITE de l’épicerie. Au départ je voulais dédicacer ce billet à sylvie, mais bon comme je suis un peu feignant, je ne vais pas le faire. L’épicerie c’est avant tout un rayon d’hommes, enfin si on considère que des personnes capables de porter une pallette vide dans chaque bras, avec un peu de moustache ne peuvent pas être des femmes. Oui en effet, seul un homme est capable de remplir un des nombreux rayons de l’épicerie. Huuhmm, c’est ce qu’ ellles ils vous diront d’une voix bien grave. Mes collègues sont capables de sortir des blagues si graveleuses qu’elles peuvent heurter ma sensibilité. Comme vous l’aurez compris, l’épicerie c’est pas pour les tapettes…


Comme chaque samedi matin, je pénètre un peu avant 8h dans la réserve épicerie. Avec Dada, nous sommes les seules hommes tolérés dans cette zone de non-droits. « Duos habet et bene pendentes! » comme dirait l’autre. J’avais oublié de vous préciser un détail très important: il n’y a que des femmes en épicerie, et c’est pas facile à supporter tous les jours. Mais bon c’est avant tout un domaine dans lequel chacune défend son territoire. Il ne serait pas étonnant de voir rouler un buisson mort, tellement on s’attend à voir des duel de cow boys. Mais que fait le shérif du comté????

Quoiqu’il en soit, le lâché de clients ne va pas tarder. On les entend déjà gronder au loin, ces tas de consommateurs prêts à s’élancer dans les rayons. On se croirait en pleine conquête de l’ouest. La violence devient parfois le meilleur moyen pour eux de se faire entendre, j’en ai fait la constatation samedi dernier. Mademoiselle S. m’avait prévenu, l’individu qui vient de pénetrer dans le rayon dont j’ai la charge est un pleutre. Gériboère!! Je suis un homme tout de même, je pense être de taille à lui faire face. Et puis finalement non, il m’a insulté parce qu’il n’a pas trouvé le produit qu’il cherchait. Je dois bien admettre que ce fut bien moins agréable que quand c’est fait par un professionnel comme Léo (Vas-y, insulte moi!!!! Ca fait longtemps).

Mais il est bien d’autres territoires inexplorés à ce jour qui me font froid dans le dos: les caisses. J’ai réussi à y négocier un voyage. Hé oui c’est officiel, il n’est pas improbable que je me mette dans la peau d’une caissière un de ces jours. Vivement samedi que je retrouve ces contrées sauvages…

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