Chroniques de supermarché 

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Un départ annoncé

D’ici quelques moi, je vais entamer ma 5ème année de CDI dans ma grande surface favorite. Jusque là tout va bien, quoique…En semaine je ne suis plus un pauvre étudiant, mais un ingénieur. Et oui Sergio, je t’ai longtemps caché la vérite. Pourras tu me pardonner un jour? Un ingénieur avec un job d’étudiant le week end, etrange paradoxe, n’est-il pas? Peu importe, tant que je m’y amuse comme un petit fou. Mais bon, je pense que cette année sera la dernière…

Je me revois encore à mes débuts: tout timide et discret. Maintenant ça a bien changé. Il faut dire que cette expérience m’a beaucoup apporté humainement. Je pense qu’il est temps de réaliser tous mes fantasmes. Néanmoins, voila ceux que j’ai déjà réalisé:

 
  • Conduire un fenwick
  • Conduire une machine à laver le sol
  • Faire le standard
  • Grimper sur une grande echelle et avoir une vue de haut de tous les rayons du magasins
  • Détruire 300kg de mayonnaise ou éventrer quelques centaines de brick de lait (périmés bien sûr)
  • Plonger mes bras dans un immense carton de papillotes
  • Couper du pain en tranches en boulangerie
  • Etre avec les hotesses d’accueil pour aider les clients
  • Modifier le prix d’un article
  • Défoncer un rayon avec un tire palette électrique (je revois encore la tête de mon chef ^_^)
  • Casser des bouteilles en tout genre (softs, alcool, …)
  • Aller dans le vestiaire des filles
  • Visiter la salle des serveurs
  • Arroser une caisse en cassant une bouteille de coca
  • Voir une TG s’éffondrer sous son poids
  • tututututtutututtutut (oui, tout n’est pas avouable -_-‘)

 

Mais certains restent à faire:

 
  • Etre en caisse
  • M’asseoir dans le beau fauteuil en cuir du patron
  • Libérer Mathurin
  • S’amuser avec les caméras de surveillance
  • Envoyer monsieur S. se faire foutre quand il essaye de me refiler ses cartons à jeter
  • tututututtutututtutut (encore une fois, tout n’est pas avouable -_-‘)

 

Je me suis fixé une date pour mon départ, reste maintenant à profiter de la poignée de mois qu’il me reste à travailler dans ma grande surface favorite.

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Le syndrôme de la Saint Valentin

J’ai un peu hésité avant de publier ce billet, alors je me suis préparé psychologiquement à supporter toutes vos railleries. Enfin bon, je vais vous raconter ce qui m’est arrivé samedi dernier dans ma grande surface favorite. Il est pas loin de 16h et j’ai la charge d’un rayon qui me tient à coeur: le rayon biscuits apéritifs. Monsieur J. doit quant à lui s’occuper des bouteilles d’alcool qui sont également dans le même rayon. Nous formons une équipe complémentaire, bien que j’aurais bien aimé être à sa place pour m’occuper moi même de ses bouteilles de vodka. Nous travaillons dans la bonne humeur, les blagues fusent. Rien n’aurait pu troubler cette harmonie, mais…


Alors que je recharge les stocks de cacahuètes (clin d’œil à monsieur Chips ^_^), une personne s’arrête prêt de moi et attend que je me rende compte de sa présence. Je me relève, et met du temps à reconnaître la jeune fille. Elle avait travaillé l’été dernier, et je l’avais aidé à tenir le coup face aux pressions des vieilles routières de l’épicerie. Elle fait ses courses avec sa mère, et il semblerait qu’elle ne soit plus avec son copain. Passé les aimabilités, elle me sort: « Je me demandais si tu bossais encore ici, j’en ai profité pour faire mes courses ». Moi qui ne pensais plus la revoir, c’est raté. Mince, je ne vois pas comment fuire, je suis coincé: des clients bloquent les deux bouts du rayon avec leurs caddies. Elle continue: « Faudrait qu’on se voie un soir la semaine prochaine, ça serait sympa ». Je sens le piège se refermer, des gouttes de sueurs perlent sur mon front. Et puis vint l’attaque suivante: « Tu bosses à temps plein ici? Auquel cas je repasserai te voir en début de semaine prochaine ». Je réponds: « Oui bien sûr ». Oui je sais, le mensonge est un vilain défaut sauf en mode survie (ce qui est le cas ici). Je le vois là, monsieur J., une bouteille de whisky à la main, en train de se foutre de ma gueule. Hahaha (rire ironique).

Serait-ce une impression, ou les filles seraient prêtes à tout pour ne pas passer la Saint Valentin toute seule (effet de mode oblige)? Je suis plus effaré que la fois où j’ai lu le Cosmopolitan (c’est dire si l’ennui vous mène vers des chemins obscures o_O). Vous devez vous dire que j’exagère, certes. Mais c’est la troisième fois cette semaine qu’une fille dont je n’avais plus de nouvelles depuis des semaines (azimut si tu lis ce blog, je te rassure tu n’en fais pas partie -_-‘), voire des mois reprend contact avec moi de manière plus ou moins direct (que je n’évoquerai point ici). Julie et Aline, je me suis bien foutu de votre gueule l’autre jour, et je regrette maintenant. -_-‘

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L’ours Mathurin

Avant toute chose, je tiens à préciser qu’aucun ours en peluche n’a été maltraité, ni même abusé sexuellement dans ce billet. Voila qui est dit. Bon, passé la phase d’avertissement, je vais vous raconter ce qui m’est arrivé à Leclerc aujourd’hui. Alors que je déambule dans les bureaux de ma grande surface favorite, je vois un ours en peluche assis sur une chaise. Jusque là rien de bien inhabituel, peut être a-t-il un rendez-vous, une réclamation à faire, un entretien d’embauche? Quoique… Je m’arrête, retourne sur mes pas pour vérifier ce que je viens de voir. Et là je le vois dans son petit bureau en train de m’aguicher et de me faire les yeux doux, le coquin. Je l’entends déjà dire: « Dis, tu veux être mon ami? ». Ca y est, je viens de craquer pour lui, il vient de réveiller en moi mon âme d’enfant.

Il affiche des mensurations de rêve: 130-90-140. Je sais, je vous vois déjà tous fantasmer sur lui. Comme vous pouvez le voir sur ces photos, nous partageons déjà de bons moments de complicité (et non, je ne suis pas en train de le peloter). C’est aussi pour vous montrer les dimensions impresionnantes de la bête. C’est un solide gaillard haut de 1m60, et pesant dans les 10kg. C’est du 100% coton ça madame!!! Il est d’une douceur déconcertante, à faire fondre les plus grosses brutes.

A ce que j’ai compris, il est destiné à un avenir des plus cruel. Il sera donné comme premier prix à un concours vantant les mérites d’une marque. Il va terriblement me manquer. C’est décidé, je veux le même pour chez moi!!!!!

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L’homme qui tombe à pic

Comme chaque samedi, je m’apprête à revêtir l’uniforme de technicien de la grande distribution. Un rapide passage au vestiaire pour m’équiper de mon équipement favori : l’arme blanche (un cutter pour un travail au corps à corps propre et sans bavure). Reste à me servir un café bien corsé, car la journée risque d’être longue…


Mon chef m’accueille à bras ouvert, et me convie en salle de briefing pour un rapide rappel de la situation. La salle est plongée dans l’obscurité, et des ombres inquiétantes se déplacent sur les murs. Ce sont celles de mon chef qui m’expose la mission du jour à l’aide de diapositives. On peut y voir un rayon en perdition, et de nombreux clients mécontents. Diantre, on frise l’incident diplomatique : le rayon chiens et chats est en grande difficulté. La mission semble périlleuse, mais rentre néanmoins dans mes compétences…

La situation semble critique, mais il est temps pour moi de pénétrer en terrain hostile. Les premières attaques ne se font pas attendre. Une petite vieille armée de son caddie me provoque: « Savez vous si ces boulettes sont meilleures que ces croquettes ?». Je lui explique gentiment que je n’ai pas eu la chance de goûter pour faire la comparaison. Elle sourit, un peu d’humour permet d’éviter de se prendre des coups de sacs à mains sur la tête. Mais je peux aussi aider la clientèle: à la question « Que me conseillez vous d’acheter? », je reponds naturellement « Le plus cher, evidemment!!! ».

Il est vrai que le rayon chien et chat dispose de nombreuses curiosités : croquettes pour chats d’intérieurs, garantissant des fsdnfsf sans odeurs (car riche en riz, huhu), ou bien de la nourriture light (c’est sûr que si ces feignasses se bougeaient le cul à aller chasser leur nourriture eux mêmes, au lieu de glander sur les canapés à jouer avec leurs queues…), ou stérilisée (saperlipopette !!! o_O) pour estomacs fragiles.

Je suis assez déçu car l’année dernière à la même époque, je passais mes journées à m’occuper des papillotes et des chocolats de Noël, snif…

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Les caissières …

Entrer dans une grande surface pour y faire ses emplettes est une chose, en ressortir en en est une autre. Après avoir enduré les pires tentations, essayé d’imposer sa priorité à gauche au volant de son caddie, supporté le froid des allées de produits frais ou l’odeur des poissons sur leurs étalages, il est temps de quitter le merveilleux monde des codes barre et de rejoindre le monde libre. Pour s’en echapper, il est un point de passage obligé: les caisses. Ce qui m’amène à vous décrire la sympathique tribu des caissières … (Sarah et Julie, je vous dédicace ce billet)

Les caissières sont comme des douanières à qui il faut payer une taxe (plus ou moins élevée pour avoir le droit de sortir du pays de la grande distribution avec des souvenirs). Les caissières sont aisément reconnaissable par leur uniforme: t-shirt à l’éfigie du magasin et une jupe bleue (un peu comme pour les gendarmes). Elles ont à leur disposition toutes sorte de gadgets pour se faire respecter, comme un lecteur de codes barre, un portail anti-vol et un téléphone (permettant un contact permanent avec le monde extérieur). Des croyances populaires affirment que les caissières sont culs de jatte car les clients ne peuvent pas voir leurs jambes, la vérité est tout autre je vous rassure.

Les caissières n’ont pas toutes le même sens de l’humour, c’est d’ailleurs ce que je peux vérifier chaque samedi. En effet mon chef me laisse assez souvent sont téléphone portable afin de gérer les appels des caissières en pleine detresse. A chaque coup de téléphone, je décroche et répond avec une voix grave. Il arrive qu’elles me confondent avec mon chef (ce qui en soit est le but recherché), jusqu’à ce quelles se rendent compte de la supercherie et s’écrient « Mais ce n’est pas Daniel!! » (le prénom de mon chef). Les plus énervées raccrochent immédiatement me laissant en plan au bout du fil. Les autres deviennent plus joviales. S’ensuit alors des chantages du genre « Et pourquoi je te donnerai le prix de la bière Grimbergen 65cl? Tu me payes un café en échange? » (ce qui les fait râler, hihi), ou alors des blagues à 2 balles pour les faire patienter. Pour ma part, c’est ce que j’adore faire. D’ailleurs j’en profite pour passer un petit message à la caissière n°2: « partante pour une soirée seuls tous les deux? » (au passage j’emmerde je m’excuse auprès des gens qui ne sont pas concernés par ce message)

Certaines rêvent de pouvoir s’échapper de leurs chaises à roulettes et de partir à la conquête du magasin. C’est ce qui leur arrive si elles sont sages. Elles peuvent alors se dégourdir les jambes pour ramener les produits lâchement abandonnés en caisse par les clients dans les rayons. Il n’est pas rare non plus d’en croiser dans les réserves (elles y pénètrent à leurs risques et périls, héhé …) où elles peuvent subir nos brimades: « Ben alors ma jolie, on s’est perdu? ». Mais bon, ne nous attardons pas sur ces faits sans importance (non non, n’insistez pas).

Contrairement à nous, petits manutentionnaires, elles ne sont pas libres de choisir l’heure de leur pause. Cela peut donner lieu à des regards moqueurs, voire nargueurs lorsque nous nous dirigeons en salle de repos. Aussi il n’est pas rare de voir un cassière courir aux toilettes ne pouvant plus se retenir car cela faisait plus de 4h qu’elle attendait sa délivrance. Mais bon, les moments de pause (malheureusement trop courts) sont des moments où elles peuvent se lâcher. N’allez pas penser que prendre sa pause avec une dizaine de caissières (j’en connais qui doivent fantasmer) est de tout repos, notamment quand elles parlent chiffons (« bon ben moi je vais vous laisser et retourner travailler … »). Dans ce genre de situation, j’ai bien envie de lancer une blague grivoise ou une flatulence pour affirmer mon côté masculin mais la descence me l’interdit.

Au final on les aime bien les petites caissières. Leurs charmants sourires nous incitent à vite revenir faire nos courses.

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Luke, je ne suis pas ton père

Le temps passe inexorablement. Hier encore étudiant, aujourd’hui cadre dans une société de services. Bien que je sois encore un grand adolescent immature qui s’assume (oui c’est vrai, j’ai un sens de l’humour assez gamin, hihi), je commence à voir naître en moi un désir de paternité. Enfin c’est du moins c’est ce que j’ai pensé récemment …


Cela s’est produit en pleine journée, dans ma grande surface favorite. Alors que je travaillais dans le rayon dont j’avais la charge, je vis s’avancer une jeune femme avec son enfant assis sur le porte bébé de son caddie. Remarquez, il n’est pas rare pour un samedi de voir une mère de famille faire les courses avec son/ses enfants. Alors que je les croise, l’enfant qui doit être âgé de tout au plus 2 ans me tend les bras et m’appelle « papa » en souriant. Je suis submergé par l’émotion et je m’imagine alors jeune papa tout heureux de retrouver son enfant. « Mais je n’ai pas de fils », me dis-je. Mais le retour à la réalité est immédiat. La déception est grande, j’étais heureux de me sentir papa pendant une seconde. S’ensuit alors une réaction de colère bien légitime, n’ai-je pas été berné? J’avais bien envie de lui expliquer à ce petit con charmant bambin que ce n’est pas parce que sa mère (la coquine) est incapable de se rappeler qui est le père qu’il doit appeler tout les hommes qu’il rencontre « papa ».

La mère qui est ma foi fort charmante rougit et me sourit en m’expliquant que c’est le seul mot qu’il sait prononcer. N’empêche j’aurais bien aimé voir la tête du père s’il les avait accompagné … huhu.

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Monsieur M.

Comme chaque samedi, je me glisse dans la peau d’un technicien de la grande distribution. Il faut tout de même savoir que le fait de s’aventurer dans les coulisses d’un supermarché peut s’apparenter à entrer dans un autre monde. Une sorte univers régi par des lois bien spécifiques, où sévissent des rites et des coutumes bien obscures pour le consommateur lambda qui sommeille en chacun de nous. Ne vous êtes vous jamais demandé quels terrifiants mystères se terrent dans les réserves (qui sont cachées à la clientèle)? Je me propose de vous initier à ce monde étrange, peuplé de personnages assez atypiques …

Laissez moi vous raconter une anecdote assez amusante qui s’est produit hier, dans le magasin. Elle met en scène monsieur M. (j’ai décidé de garder son anonymat), vigile de profession. Monsieur M. n’est pas du genre à s’en laisser compter. Militaire de carrière il n’hésite pas à corriger les petits délinquants des hypermarchés. Pour cela, il a été formé à toutes sortes de techniques de traque: vidéosurveillance, indics (hé oui, il y en a aussi pour les vigiles), repérage des attitudes suspectes, etc. Il met à profit son expérience du camouflage (pousse un caddie pour se fondre dans la clientèle, fait semblant de lire un journal accoudé au frigo du rayon surgelé), et peut demander à tout moment des renforts aériens (pour ma part, je n’ai pas encore eu la chance d’assister à un assaut de parachutistes en magasin). Enfin bref, ce professionnel est rodé au milieu hostile qu’est une grande surface, et il est difficile de lui echaper.

Mais revenons à notre histoire. Monsieur M. a repéré une personne suspecte, il la suit discrètement jusqu’à son arrivée an caisse. Et c’est alors qu’au moment de payer ses courses, Monsieur M. intervient et lui fait remarquer publiquement son crime: avoir mangé un paquet de biscuits en rayon, et avoir caché la pièce à conviction (en l’occurence l’emballage du produit). Elle devra rembourser le magasin pour son méfait. Mais je sens que vous vous demander qui est cette personne? Il s’agissait en fait d’une religieuse (plus précisément une bonne soeur). C’est la consternation!! Son teint couleur tomate exprime avec justesse ses remords.

Cette petite histoire en a fait sourire plus d’un devant la machine à café. Je vais conclure sur une phrase prononcée par le D.R.H. du magasin sur cette affaire: Si maintenant même Dieu ne peut même plus avoir confiance en son personnel ….

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